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Le 19 avril 2017

COMMANDANTS DE L’INDUSTRIE : VUE DE L’ESPACE

On a souvent mis l’industrie pharmaceutique sous examen parce qu’elle s’approcherait trop près du soleil. On accorde plus d’attention aux lancements ratés qu’aux pas de géant accomplis pour l’humanité par l’industrie pharmaceutique. À la réunion du 19 avril, nous avons exploré la contribution incroyable des capitaines de l’industrie à la société; ils ont tout vu dans la galaxie pharmaceutique et ils nous ont amenés plus haut que jamais.

  • John Helou, président, Pfizer Canada
  • Allison Rosenthal, directrice générale, Otsuka Canada
  • Chirfi Guindo, président et directeur général, Merck Canada
  • Sylvie Pilon, vice-présidente et directrice générale, Lundbeck Canada
  • Stéphane Lassignardie, directeur général, AbbVie Canada
  • Winselow Tucker, directeur général, oncologie, Novartis Canada

Les questions posées pendant la soirée nous ont fait faire une visite guidée visuelle et virtuelle des sujets brûlants traités par le CMPQ pendant l’année.

1. À titre de capitaines d’industrie, comment favorisez-vous la créativité et l’innovation parmi vos employés?

Nous avons des employés innovants dans les services clinique et commercial. Nous devrions en être fiers et ne pas nous montrer complaisants; nous devrions continuer à nous pousser plus loin. Nous devons travailler en équipes multidisciplinaires, utiliser des espaces innovateurs, nous écarter des ordres du jour rigides, faire des remue-méninges et nous concentrer sur l’innovation pour donner les meilleurs avantages aux patients canadiens.

La culture est essentielle à l’innovation. Nous devons nous efforcer de développer un type de culture dans lequel les employés peuvent proposer leurs idées tout en sachant qu’ils ont notre soutien parce que nous avons défini les domaines dans lesquels nous sommes prêts à prendre des risques. Aucune innovation ne vient sans risques.

Il faut être prêt à accepter l’échec, il faut donc aussi promouvoir l’échec. Apprendre de ses échecs permet de continuer à innover.

2. Comment envisagez-vous de travailler avec les PME et le milieu de la recherche à l’avenir et comment pouvons-nous vous aider à collaborer davantage à cette partie importante de l’écosystème des brevets à Montréal?

Les biotechnologies sont un écosystème qui est essentiel. Le secteur ne peut pas exister sans les grandes sociétés pharmaceutiques multinationales. Le secteur dépend de deux éléments pour prospérer : des incitations financières et économiques. Associez-vous et participez à des fonds d’innovation.

Nous devons être des défenseurs des innovations que notre industrie a apportées aux patients pour qu’ils vivent mieux et plus longtemps. Au Canada, nous avons la chance de vivre dans un environnement sécuritaire dans lequel nous pouvons essayer de nouvelles choses. Aucun de ces produits innovateurs ne peut être commercialisé sans une bonne recherche solide entre les entreprises pharmaceutiques et de biotechnologie.

3. Dites-nous comment “faire le bien” et faire un profit peuvent co-exister, et comment une bonne action pourrait devenir bénéfique à d’autres que le pharma.

Nous encourageons nos employés à s’engager dans la collectivité et à participer à des activités afin de diminuer la stigmatisation associée aux enjeux de santé. Vendre n’est pas un gros mot. Nous pouvons aider plus de patients si nous avons atteint notre cible de profits. En tant qu’industrie, nous réinvestissons nos profits pour produire de nouvelles innovations, de nouveaux médicaments pour les patients. Nous ne devrions pas craindre de le dire.

Nous offrons à nos employés la possibilité de faire du bénévolat, de prendre des congés pour participer à des projets profonds qui sont importants pour eux, des moments qui leur permettent de s’épanouir. La culture au sein de nos entreprises est ce qui les différencie. Si l’on fait la bonne chose, les profits suivent et nos clients sentent la différence.

Si vous vous sentez engagé, vous sentez que vous êtes apprécié et que l’entreprise s’intéresse à vous pas uniquement à votre travail, mais à ce que vous faites à l’extérieur des heures de travail, il est vraisemblable que vous êtes sensiblement plus innovateur.

4. Pouvez-vous relater une anecdote où vous avez senti le besoin d’intervenir pour défendre les soins aux patients, et nous dire quel a été le résultat?

Les politiques de remboursement du Canada sont complexes et c’est pour cette raison que l’industrie pharmaceutique a créé des programmes pour les patients pour aider ceux-ci à s’y retrouver dans ce système. Certains payeurs remettaient en question la valeur de ce que nous avions créé, de sorte que nous avons dû prendre la parole, pour démontrer que lorsqu’un médecin prescrit un produit, il prescrit un écosystème. Il prescrit une assistance aux quotes-parts, il prescrit un usage compassionnel et il prescrit de meilleurs résultats et une meilleure observance médicamenteuse pour le patient.

L’industrie pharmaceutique a été la voix du patient. Le patient nous tient à cœur. Nous avons une mentalité axée sur le patient. Nous serons tous un patient un jour et nous aurons besoin que quelqu’un se batte pour nous. Nous aurons besoin d’un accès à des médicaments novateurs. Nous avons formé des partenariats avec des associations de patients pour sensibiliser les patients au manque d’accès à certains médicaments. En contrepartie, ces associations sont prêtes à collaborer avec nous et deviennent la voix du patient. Nous devons travailler fort à ce que les patients aient accès aux médicaments novateurs.

5. Quel est d’après vous l’élément le plus important dans une négociation avec des payeurs, qu’ils soient publics ou privés, et comment faites-vous passer la conversation de la compression des coûts à la valeur des médicaments?

L’accès au marché, qu’il soit privé ou, plus important encore, public, est l’obstacle/le défi le plus important auquel nous sommes confrontés en tant qu’industrie au Canada. Tout d’abord, si l’on examine les données sur toutes les nouvelles entités chimiques qui ont été lancées au Canada entre 2009 et 2014, nous nous sommes complètement harmonisés avec les prix moyens en Europe. Pendant la période de 2003 à 2015, 206 nouvelles entités chimiques ont été étudiées et recommandées par le PCEM. Parmi ces 206 entités, 59 % seulement ont été inscrites aux listes de médicaments remboursés du gouvernement. Dans le secteur privé, certains régimes d’assurance-médicaments privés les ont inscrits sur leurs listes, mais bon nombre de ces régimes imitent de plus en plus les régimes d’assurance-médicaments publics.

Quelques éléments qu’il vous faut comprendre. Même si nous avons l’intérêt des patients à cœur, ceux-ci croient que les gouvernements représentent mieux les patients que nous. Nous devons parler la même langue qu’eux pour obtenir une adoption plus rapide des médicaments novateurs. Si l’on part du premier lancement d’un produit, il faut compter entre 3 et 3,5 années pour que 80 % des patients canadiens aient accès à ce produit. Nous glissons de façon spectaculaire. Nous devons réduire ce délai de moitié, voire l’amener à zéro.

Nous discutons avec des gens qui ne nous font pas confiance. Il est difficile d’instaurer cette confiance, mais nous devons le faire. Nous devons faire passer la discussion sur la valeur et l’accès vers les répercussions sur les patients. Les délais sont longs et il existe une grande disparité entre les provinces. En tant qu’industrie, soyons fiers de l’impact de nos produits et de leur valeur, mais adoptons également un autre point de vue et montrons aux payeurs que nous nous soucions de votre durabilité, nous nous soucions de la valeur de nos produits et que notre objectif partagé est les répercussions sur les patients.

Nous devons également être prêts à céder quelque chose pour obtenir l’accès aux médicaments que nos patients méritent. Du point de vue des payeurs : ils gagnent, ils sont efficaces pour créer des économies. C’est un cercle vicieux qui est mauvais pour les produits novateurs et pour les patients.

6. Quel est d’après vous le plus grand problème d’image de l’industrie pharmaceutique et comment l’abordez-vous dans votre entreprise?

Le public nous perçoit comme ceux qui tirent avantage des maladies des gens. Il ne voit pas tous les progrès ni le fait que les gens vivent plus longtemps en meilleure santé. Nous vendons des médicaments et certaines personnes doivent choisir entre acheter leurs médicaments et acheter de quoi manger. Chacun d’entre nous a entendu des récits de patients qui doivent se battre pour obtenir un accès aux nouveaux médicaments. Si nous pouvions tous partager ces récits collectivement, nous pourrions défendre les histoires publiées dans les médias et qui transmettent de l’information erronée.

Nous avons la responsabilité de raconter nos récits. Nous avons par exemple l’histoire magnifique de Maurice Hillman – le chercheur qui a mis au point 40 vaccins révolutionnaires, qui préviennent 8 millions de décès chaque année – il devrait avoir la même renommée que Steve Jobs. Ceux qui nous connaissent vraiment nous respectent. Il y a des comportements irresponsables dans notre industrie à l’égard des prix et il faut les éliminer. Nous ne pouvons pas exiger la confiance si nous nous comportons d’une façon qui n’inspire pas la confiance.

Nous sommes tous des héros. Nous sommes des défenseurs de l’industrie pour laquelle nous travaillons. Combien d’entre nous réussissent à dévier une conversation lorsque le sujet de la grosse méchante industrie pharmaceutique vient sur la table? Cela commence par chacun d’entre nous.

L’auditoire a également soulevé des questions sur différents sujets, par exemple :

  • Comment peut-on améliorer la perception négative accolée à l’industrie pharmaceutique?
  • Comment l’industrie pharmaceutique peut-elle bénéficier des nouvelles technologies (TI, dossiers médicaux informatisés, intelligence artificielle) pour accélérer l’arrivée des médicaments sur le marché et créer des partenariats pour apporter une meilleure offre aux patients et aux payeurs?
  • En ce qui concerne les vaccins, quelle position l’industrie pharmaceutique devrait-elle prendre face aux nombreuses controverses qui entourent les vaccins?

Pour conclure une soirée édifiante qui a transmis de nombreuses idées intéressantes à l’auditoire, on a demandé à nos dirigeants de nous donner un aperçu de l’avenir qu’ils envisagent pour l’industrie.

7. Quelle prédiction absurde, un peu folle, faites-vous en ce qui a trait aux 5 prochaines années dans notre industrie?

Au cours des 5 prochaines années, nous aurons un nouveau contrat social pour notre industrie et pour le gouvernement au Canada, ce qui transformera la façon d’offrir les soins de santé. Si nous ne réussissons pas à avoir ce contrat social avec les gouvernements d’ici cinq ans, les patients se révolteront.

De plus en plus de femmes vont prendre la direction de cette industrie et d’ici 5 à 10 ans, il n’y aura plus de problème d’accès. Tout sera résolu.


 

Jo-Ann Charland
Training Consultant and Medical Writer
Email: JoAnn.Charland1@gmail.com
Cell: 438-998-0498
Pharma411

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25 avril 2018

Le pouvoir d’agir: Partenariat avec les associations de patients pour améliorer les résultats en matière de soins de santé

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