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Le 20 mars 2018

IMMUNO-ONCOLOGIE : Une nouvelle approche au traitement du cancer

Les membres du CMPQ ont célébré le premier jour du printemps en discutant des domaines en croissance dans l’industrie pharmaceutique, et plus particulièrement de l’immuno-oncologie (IO), le nouveau domaine très prometteur dans le traitement du cancer, qui nous aidera à vaincre le cancer. Nous avons appris comment fonctionne l’IO et comment nous pouvons mieux servir les patients et les oncologues médicaux en tant qu’industrie.

Zeshan Farooqui, directeur du CMPQ et gestionnaire principal d’études cliniques à Bristol-Myers Squibb, a ouvert la réunion en parlant de quelques points à l’ordre du jour :

  • Notre prochaine activité aura lieu le 25 avril et aura pour thème « Habilitation pour la vie ». Elle prendra la forme d’une table ronde bilingue à laquelle participeront trois représentants d’associations de patients : la Société de l’arthrite, le Centre d’aide aux personnes atteintes de l’hépatite C et Myélome Canada.
  • L’activité sociale estivale aura lieu le 7 juin au Forest & Stream Club.
  • Merci à TANK pour la publicité de cette activité et à Bristol-Myers Squibb pour leur commandite.

Christine Kor, directrice du CMPQ et professionnelle aux Affaires réglementaires à Bristol-Myers Squibb, a présenté chacun des conférenciers :

  • Wendy Hauck détient un doctorat en recherche sur le cancer de l’Université McGill et une spécialité postdoctorale sur le cancer et l’immunologie.  Elle nous a expliqué les principes scientifiques de l’immuno-oncologie.
  • Wilson Miller, M.D. est un oncologue médical de renommée mondiale. Dans le cadre de ses fonctions de directeur des études de phase I à l’Université McGill, il a joué un rôle de premier plan dans la mise au point de l’immno-oncologie. Il nous a parlé de la façon dont l’IO est devenue une partie de l’arsenal thérapeutique contre le cancer et il nous a conseillé sur les manières de mieux desservir les oncologues médicaux.
  • Natalie Richardson est mère de jumeaux identiques, écrivaine et survivante d’un mélanome. Elle a subi une intervention chirurgicale et a reçu un traitement d’IO dans le cadre d’un essai clinique. Elle milite à présent pour sensibiliser au sujet de cette maladie mortelle par le truchement de la Fondation sauve ta peau. Elle nous a fait part de son expérience en tant que participante à un essai clinique.
  • Josée Pelletier est responsable de la défense des patients à Bristol-Myers Squibb et travaille avec des associations de patients. Elle a interviewé Natalie devant le groupe.

Qu’est-ce que l’IO? -   Wendy Hauck

Le système immunitaire de chaque personne est unique et évolue avec le temps, ce qui rend difficile de prédire la réaction de l’organisme à une menace immunitaire.

L’immunité est un équilibre; certaines cellules sont pro-inflammatoires et certaines sont anti-inflammatoires (ce qui signifie que certaines « activent » le système et que d’autres « le désactivent »). On compte deux catégories de réactions : 1) la réaction adaptative, qui consiste dans le déplacement des cellules dans l’organisme pour trouver les envahisseurs étrangers et les signaler pour destruction; 2) la réaction innée, qui consiste dans la destruction des envahisseurs étrangers par les cellules. En temps normal, le système immunitaire a certaines cellules immunitaires (p. ex. cellules présentatrices d’antigène) qui flottent dans l’organisme. Ces cellules reconnaissent et marquent les agents étrangers pour que les autres cellules (c.-à-d. les lymphocytes T, les cellules tueuses naturelles (NK), les macrophages, etc.) puissent venir détruire ces agents étrangers.

Le système immunitaire détruit généralement les cellules tumorales, mais ce n’est pas le cas chez des patients touchés par un cancer. Certaines tumeurs envoient des signaux qui bloquent le système immunitaire, ce qui signifie que la tumeur n’est ni reconnue ni détruite. Pour éradiquer les tumeurs, les traitements d’IO existants agissent soit en éliminant le blocage soit en renforçant le système immunitaire, ce qui augmente la capacité de signalisation des cellules de la réaction adaptative. Il faut surtout se rappeler que l’immunothérapie anticancéreuse consiste à traiter le système immunitaire pour qu’il puisse traiter le cancer en stimulant ce que le système immunitaire fait naturellement.

Grâce à l’IO, un plus grand nombre de patients cancéreux survivent plus longtemps; par contre, il y a un hic : ce ne sont pas tous les patients qui y répondent. Cela dépend de l’état du système immunitaire. Ce ne sont pas tous les systèmes immunitaires qui reconnaissent les tumeurs. La recherche actuelle se concentre à présent sur cette question.

Comment l’IO a transformé l’oncologie -   Dr Wilson Miller

Examinons comment l’IO a transformé le traitement du mélanome, afin d’en comprendre la promesse. Le mélanome est une maladie mortelle qui tuait 50 % des patients après six mois, même s’ils recevaient une chimiothérapie. Un nouveau médicament est alors arrivé. Tous les patients n’en retiraient pas de bienfaits, mais 30 à 40 % d’entre eux avaient une bonne survie globale à long terme, même 10 ans plus tard.

À présent, le mélanome est le symbole de l’IO parce que ces agents se montrent les plus efficaces contre cette maladie. Nous sommes passés à des associations d’agents d’IO, ce qui pourrait se traduire par une survie prolongée, voire une guérison, chez 50 % des patients atteints de cancer métastatique. Cela représente une amélioration statistiquement significative comparativement à la chimiothérapie. Beaucoup de recherches visent des réactions améliorées dans d’autres genres de tumeurs, tout comme celles que nous observons en présence du mélanome. De nombreuses recherches portent sur l’association de différents agents d’IO pour rendre les cancers plus actifs sur le plan immunologique. Certains de ces cancers commencent par être inertes sur le plan immunologique; or, il est possible de les manipuler grâce à d’autres agents d’IO pour rendre ces tumeurs plus actives sur le plan immunologique. La toxicité est l’inconvénient de l’IO, plus particulièrement la toxicité autoimmune. Néanmoins, l’IO se trace un chemin vers le traitement d’autres cancers, tels que le cancer gastro-intestinal, du poumon, du rein et de la vessie.

Que cela signifie-t-il pour notre pays? Le prix des médicaments d’IO est très élevé. Il fait faire quelque chose au sujet de l’augmentation des prix maintenant que l’IO a dépassé le simple traitement du mélanome (qui a une population de patients assez limitée). Chaque année, nous entendons parler de nouvelles idées de fixation des prix comme payer en fonction des résultats. Nous pourrions peut-être envisager un paiement pour les patients qui répondent au traitement et de ne pas facturer dans le cas des patients qui n’y répondent pas après deux cycles de traitement. Les gens s’entendent pour dire que c’est une bonne idée mais rien ne se passe. Les prix d’aucuns médicaments contre le cancer ne sont fixés ainsi. Nous avons besoin de cela de la part de l’industrie. Nous devons trouver une manière de rendre plus rationnelle la fixation des prix.

Que l’industrie peut-elle faire pour aider les oncologues médicaux?

  • La mise au point de ces médicaments s’est faite à un rythme inégalé auparavant en oncologie. L’évolution est rapide mais Santé Canada, le Programme pancanadien d’évaluation des anticancéreux (PPEA), l’ACMTS, l’INESS, etc. ont un fonctionnement relativement lent. Lorsque les résultats révèlent que des médicaments sauvent la vie des patients, ce n’est pas juste de dire « Votre vie pourrait être sauvée par un médicament, mais il faut attendre 2-3 ans pour que ce médicament aille au bout du processus réglementaire ». En attendant l’approbation de ces médicaments, des programmes d’accès sont nécessaires.
  • Nous devrions encourager nos entreprises à effectuer davantage d’essais cliniques au Canada et à recruter plus de patients pour des essais cliniques. Tous les résultats améliorés que nous observons aujourd’hui chez les patients sont issus d’essais cliniques. Il est impossible de démontrer qu’un médicament est meilleur sans effectuer des essais cliniques. Les essais cliniques vous feront gagner de l’argent plus tard plutôt qu’aujourd’hui, mais ils permettent de sauver des vies, ce qui sera remboursé au bout du compte.
  • Nous devons aider les oncologues médicaux à prendre en charge les toxicités observées avec les agents d’IO. La prise en charge de la toxicité des agents d’IO est différente de celle de la chimiothérapie ; par conséquent, tous les médecins des différentes spécialités doivent recevoir une formation au sujet de la prise en charge de la toxicité des agents d’IO. La formation des différentes spécialités de la médecine sur la prise en charge des effets secondaires des agents d’IO sera utile pour améliorer les soins aux patients.
  • Il faut que la recherche clinique et les essais cliniques soient menés par des entreprises pharmaceutiques ou de biotechnologies plutôt que d’être sous-traités par des entreprises tierces appelées organismes de recherche sous contrat (CRO). Le personnel de ces entreprises tierces n’a pas le même niveau de compétences, d’expérience et de connaissances que le personnel de vos entreprises pharmaceutiques ou de biotechnologies.

Entrevue avec Natalie Richardson -   Animée par Josée Pelletier

Question : Comment avez-vous appris l’existence de l’IO?

Réponse : Mon diagnostic est arrivé tout d’un coup, ce qui fait que je ne savais rien à ce sujet. Après, on essaie d’apprendre tout ce qu’on peut. Mon équipe médicale était très bonne. Un essai clinique était ma seule option.

Q : Comment avez-vous trouvé votre parcours dans le système de santé de l’Ontario?

R : on commence par être déstabilisé par le diagnostic. Ensuite, il faut apprendre beaucoup de choses différentes. C’était accablant et déroutant. Ce ne sont pas tous les patients qui ont une équipe médicale aussi bonne que la mienne. Il peut y avoir des pertes/des oublis d’un grand nombre de renseignements en raison du traumatisme. Il est important de poser beaucoup de questions.

Q : Avez-vous établi un contact avec un groupe de patients pour obtenir des renseignements?

R : J’ai posé beaucoup de questions à mon équipe médicale. On m’a recommandé un groupe de patients, mais ce n’était pas le bon moment pour moi d’entrer en contact en tant que patiente. Certains patients veulent établir un contact immédiatement, certains préfèrent garder leur situation secrète et certains autres traversent les deux phases. J’ai trouvé la Fondation sauve ta peau par hasard et j’y ai reçu le soutien dont j’avais besoin à l’époque. J’ai ensuite commencé à faire du bénévolat pour cette fondation en publiant un blogue.

Q : Quel genre de soutien l’industrie peut-elle offrir aux patients?

R : Quand j’étais une patiente, j’aurais aimé avoir la possibilité de communiquer avec  l’entreprise qui fabriquait le traitement que je recevais. On m’a donné un formulaire de consentement d’environ 17 pages et on me l’a expliqué en détail dans le cadre de l’étude clinique à laquelle j’allais participer. Je comprends que vous devez fournir ces formulaires, mais j’aurais aimé des renseignements plus personnalisés de la part du fabricant. Mon oncologue, l’infirmière, la coordonnatrice m’ont expliqué mes choix, parmi lesquels les essais cliniques. J’avais des questions à poser au sujet de l’étude à laquelle je participais et ma recherche m’a aidée à y répondre, mais cela aurait été bien que de pouvoir poser certaines questions au fabricant. On m’a remis un bracelet MedicAlert et une carte, ce qui était pratique lorsque j’allais à l’urgence car les professionnels de la santé étaient ainsi informés de ma participation à une étude clinique. Je voulais appeler en composant le numéro de téléphone inscrit sur la carte, qui était celui du fabricant, mais j’ai compris que c’était réservé à mon médecin. Une présence en ligne du fabricant, par exemple dans les médias sociaux ou par l’intermédiaire d’un site Internet— serait utile —soit pour permettre aux patients qui recevaient le traitement dans le cadre de cet essai clinique de communiquer entre eux, soit pour communiquer directement avec le fabricant. Ce serait utile d’avoir un livret ou une fiche de renseignements sur l’étude clinique en même temps que le formulaire de consentement. Un bon nombre de patients ne savent rien des essais cliniques et il y a malheureusement beaucoup de perceptions négatives quant à l’industrie pharmaceutique. Étant donné que les patients ne comprennent pas les études cliniques, ceux-ci sont réticents ou craintifs à l’idée d’y participer, ce qui fait que tout ce que vous ferez pour communiquer directement avec les patients pourrait être utile.

Q : Y a-t-il une sorte de renseignements précis que vous aimeriez obtenir du fabricant pour être mieux servie en tant que patiente?

R : Des renseignements au sujet des effets secondaires. On m’a informée des effets secondaires pendant la phase de consentement de mon étude clinique, mais j’aurais aimé avoir plus de renseignements au sujet des effets secondaires pendant ma participation à l’étude. J’aurais aimé pouvoir parler à quelqu’un, par exemple une infirmière ou une personne chez le fabricant qui se spécialise dans mon traitement, si je ressentais quelque chose et apprendre à quoi je devais m’attendre et comment gérer cet effet. Mon oncologue m’a donné beaucoup de soutien mais le centre où j’étais soignée n’offrait pas ce type précis d’aide et je vivais assez loin du centre. J’aurais souhaité avoir plus de renseignements et de contexte sur la prise en charge de mes effets secondaires pendant mon étude clinique.

Q : Relativement au processus de consentement éclairé, avez-vous des recommandations sur les façons de l’améliorer, d’après votre expérience?

R : Ce fut un processus douloureux, mais je souhaite toujours être bien renseignée. Quand on m’a parlé pour la première fois de la participation à un essai clinique, c’est mon équipe médicale qui m’en a fait une présentation approfondie et j’ai dû faire un acte de foi personnel pour faire confiance à mon équipe médicale. Ensuite, lorsque j’ai parlé à l’associée de recherche, la femme m’a lu chaque mot du formulaire de consentement, ce qui est probablement le processus normal, mais cela nous a causé de l’anxiété à ma famille et à moi. C’est un processus qui a été assez long—probablement une demi-heure. Le formulaire aurait pu contenir davantage de contenu en langage profane. Cela aiderait de pouvoir appeler une personne chez le fabricant pour poser des questions après 6 mois de participation à l’étude alors qu’on a oublié ce qu’on nous a dit pendant le processus de consentement. Cela aurait tellement aidé d’avoir une carte du fabricant avec son numéro de téléphone et d’avoir pu appeler pour poser mes questions.

Q : Relativement au processus de consentement, auriez-vous préféré visionner une vidéo plutôt que d’avoir un formulaire imprimé?

R : Oui, c’est une très bonne idée. Offrez la vidéo en plusieurs langues pour ceux dont la langue maternelle n’est pas le français.

Q : Quand vous avez eu des effets secondaires pendant l’étude, quels ont été le soutien et les ressources qui vous ont aidée à passer à travers?

R : C’était simplement la motivation venant du fait que je savais que si j’arrêtais l’étude, je ne recevrais plus le traitement ni le grand soutien que me donnait mon équipe soignante.

Q : Les règlements et les politiques actuels empêchent les sociétés pharmaceutiques de communiquer directement avec les patients. À titre de défenseure des patients, que pourrions-nous faire d’après vous pour modifier la politique à cet égard?

R : Les défenseurs des patients peuvent aider en se montrant honnêtes et ouverts quand ils racontent leurs expériences, et espérer que cela soit utile à d’autres personnes.

Q : Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se sent submergé par toute la documentation à laquelle il faut réfléchir quand on choisit une étude clinique?

R : je dirais à un patient de continuer à poser des questions et à demander un deuxième ou un troisième avis, au besoin s’il ne comprend pas. Envoyez vos questions à votre équipe soignante et à d’autres équipes par courriel. Il y a tellement de patients qui ne posent pas de questions et qui traversent aveuglément le processus. Je lui dirais aussi d’entrer en contact avec d’autres patients sur Internet.

Résumé    

  • En tant qu’industrie, nous devons réfléchir davantage au prix des médicaments et à trouver de nouvelles formes de tarification.
  • Nous devons poursuivre les programmes d’accès pour que les patients puissent avoir accès à ces médicaments.
  • Nous devons effectuer plus d’essais cliniques pour donner plus d’expérience des nouveaux médicaments aux médecins. Il n’y a pas autant d’essais cliniques qu’il le faudrait au Canada.
  • Il faut que la recherche clinique et les essais cliniques soient menés par des entreprises pharmaceutiques ou de biotechnologies plutôt que d’être sous-traités par des entreprises tierces appelées organismes de recherche sous contrat (CRO). Nous devons donner plus de formation aux professionnels de la santé au sujet de la prise en charge de la toxicité.
  • Nous devons continuer à investir pour que nos équipes médicales puissent aller à la rencontre des médecins et leur parler. Les médecins veulent aussi parler à des scientifiques, pas seulement à des représentants.

 

Justine Garner
Freelance Medical Writer
Cell: (514) 605-5109
Courriel: jgarnerwriting@gmail.com
www.jgarnerwriting.com

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