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12 mai, 2015

Une vision plus claire de notre avenir

À l’occasion de ce dernier souper-conférence de l’année 2014-2015, Cynthia Queano a donné une vue d’ensemble des activités stimulantes offertes par le CMPQ pendant l’année et des conférenciers de grande qualité qui s’y sont illustrés. L’Assemblée générale annuelle du CMPQ a eu lieu avant que Cynthia n’aille au podium pour présenter le groupe impressionnant de conférenciers pour l’activité de cette soirée. Le groupe de discussion se composait de Jacques Dessureault, directeur général, Valeant Canada, John Helou, président, Pfizer Canada, Allison Rosenthal, directrice générale, Otsuka Canada, Eric Tse, directeur général, Shire Canada et Jon Fairest, président et chef de la direction, sanofi. Cynthia a dirigé le groupe au moyen d’une série de questions et de sujets de discussion.

Quelles sont la mission et la vision de votre entreprise et indiquez par un exemple de quelle façon vous les avez mises en pratique au Canada.

Jacques Dessureault a déclaré que son entreprise a une solide hypothèse selon laquelle le marché des produits de spécialité est mort et que le moment est venu de passer à autre chose. Il a indiqué que le filon des produits issus de la R-D est à sec et que la plupart des « nouveaux produits » proviennent à présent des fusions et des acquisitions. Il pense également que le gouvernement et les décideurs exercent une plus grande influence sur le marché des soins de santé. Selon lui, « la diversification est la chose à faire » et des entreprises diversifiées ont des modèles durables. Il a expliqué le système de croyances de l’entreprise, qui consiste à faire ce qui n’a jamais été fait, à travailler dans des marchés mondiaux dans lesquels le décideur n’est pas uniformément le gouvernement, à mettre au point des produits dont la marque a une durée de vie indéterminée et à miser sur la gestion plutôt que seulement sur la science.

John Helou a expliqué que la mission de Pfizer est de devenir la plus importante société biopharmaceutique novatrice. Il a précisé qu’au cours des 5 à 10 prochaines années, Pfizer lancera deux nouveaux produits novateurs par année sur le marché. La mission de Pfizer consiste à faire en sorte que les innovations soient offertes aux patients et qu’elles aient des répercussions signifiantes sur leur vie, dans des délais opportuns. Il a mentionné que les stratégies de Pfizer visent à s’orienter sur un noyau novateur, à investir massivement dans la mise au point, à commercialiser et à lancer des produits de façon adéquate (c.-à-d. décider où livrer concurrence et lancer des produits novateurs sur le marché) et à être respectée par la société, en devenant un modèle.

Allison Rosenthal a déclaré qu’Otsuka considère chaque moment comme une possibilité d’exercer une influence. Elle a expliqué que la philosophie de l’entreprise est différente car elle est japonaise. L’objectif de l’entreprise consiste à développer de nouveaux produits pour une meilleure santé dans le monde. Elle a indiqué qu’Otsuka s’est installée au Canada pour lancer des produits qui produiront un effet notable sur la vie des patients, pour remettre en question les conventions et le statut quo et pour faire ce qui est juste pour les patients.

Eric Tse a répondu que la mission de Shire est de permettre aux personnes qui vivent avec des maladies qui marquent pour la vie d’avoir une meilleure vie. Il a expliqué que l’entreprise se concentre sur des affections qui ont des répercussions importantes sur la qualité de vie des patients. La vision de l’entreprise consiste à devenir une importante société de biotechnologies et d’offrir des traitements novateurs pour le traitement de maladies incapacitantes.

Jon Fairest a commencé par expliqué que le modèle d’entreprise de Sanofi a énormément évolué pour migrer vers les solutions en soins de santé. Il a indiqué que, tout comme Pfizer, sanofi espère lancer au moins deux nouvelles molécules novatrices par année pendant les six prochaines années. L’entreprise se concentre sur le traitement et la prise en charge de maladies plutôt que sur la découverte de molécules pour voir à quoi elles peuvent convenir. Elle veut ajouter santé, espoir et valeur aux patients canadiens et continuer à fournir des innovations dans les propositions les plus valables possibles.

Décrivez la participation de votre entreprise auprès des associations de patients et comment vous pensez que leur rôle évoluera auprès de l’entreprise au cours des 3 prochaines années.

Eric Tse a répondu que Shire fournit des médicaments pour le traitement de maladies rares donc peu connues, de sorte que le lien de l’entreprise avec les associations de patients permet de leur transmettre des connaissances tout en apprenant quels sont leurs besoins, de sorte que l’entreprise puisse mieux y répondre. Il a ajouté que l’industrie pharmaceutique ne devrait pas avoir à s’excuser des liens avec les associations de patients, car celles-ci sont importantes et se concentrent sur la défense des patients.

Jon Fairest était d’avis qu’il est nécessaire d’inclure les associations de patients à un stade plus précoce du développement de produits. Son entreprise a déjà lancé un produit au Canada pour lequel une des parties prenantes était une association de patients, afin d’aider les patients à obtenir un meilleur accès au médicament.

Allison Rosenthal a précisé que, pour Otsuka, le patient est au centre de leurs activités. Elle a mentionné que son entreprise a invité un représentant de patients à une des rencontres avec Santé Canada, en préparation de la PDN pour un nouveau produit. Elle estime que les partenariats avec les associations de patients ont une grande valeur.

Expliquez en quoi consiste la stratégie de marque, donnez un exemple qui provient de votre propre entreprise et dites-nous ce qui nous empêche d’offrir une stratégie de marque supérieure à nos médicaments qui sauvent des vies.

Jacques Dessureault a expliqué que l’image de marque emblématique fait en sorte qu’un coup d’œil suffit pour reconnaître le produit, par exemple Apple, Nike ou les Rolling Stones. Dans l’industrie pharmaceutique, il y a quelques marques emblématiques, par exemple Ventolin (inhalateur bleu), Viagra (comprimé bleu) et Nexium (comprimé violet). Bausch and Laum, qui représentent la santé oculaire, en sont un autre exemple. Il a raconté l’histoire de la stratégie de marque de Bausch and Laum et le processus de réflexion sous-jacent, parce qu’il pense que c’est un exemple dans lequel le processus est encore plus important que le résultat. Pour conclure, il a mentionné qu’une stratégie de marque fructueuse en est une dans laquelle tout le monde est sur la même longueur d’onde.

John Helou a déclaré que tout est dans l’image de marque. « C’est ce que vous faites tous les jours. C’est un mélange d’art, un mélange de science, fondé sur la création d’un effet de levier à partir des idées des clients, qui permet de créer une proposition à valeur signifiante qui vous convient de façon unique et à personne d’autre. » Il a ajouté qu’il a vu des marques équivalentes obtenir des résultats différents et que la raison était l’espace qu’elles occupaient dans l’esprit des patients. La clé consiste à déverrouiller les pensées des patients et à les reformuler en propositions signifiantes. Il a déclaré, « Une molécule ne devient pas une marque tant que vous ne lui insufflez pas la vie. » John a mentionné que Rx&D a changé sa façon de communiquer avec les parties prenantes et devient plus coopérative. L’entreprise a élaboré un plan stratégique de 3 ans et agit comme groupe de pression qui défend un milieu favorable pour raccourcir la période avant que les médicaments novateurs arrivent aux patients.

Allison Rosenthal a répondu que la stratégie de marque est davantage une question d’émotions et de différenciation. « Quand notre intuition nous parle, ça fonctionne, sinon rien ne va. » Elle a expliqué que son entreprise trouve important d’avoir sa propre valorisation de marque et c’est pour cela qu’il existe un argumentaire cohérent qui est présenté dans toutes les interactions de l’entreprise.

Décrivez de quelle façon votre entreprise adapte son modèle commercial ou le succès pour l’avenir dépend-il davantage d’une plus grande efficacité et efficience des modèles existants.

Jon Fairest a déclaré que les entreprises doivent être plus efficaces et ciblées et que Sanofi adopte une démarche institutionnelle plutôt que de cibler des professionnels de la santé particuliers. L’entreprise s’est également rendu compte de l’importance des pharmacies et des pharmaciens dans le parcours des patients et elle reconnaît qu’ils représentent un partenariat d’une importance cruciale pour la santé des patients. De plus, sanofi étudie le modèle de remboursement canadien et les moyens de soutenir le bon modèle de sorte que les patients puissent obtenir les bons renseignements au bon moment.

Jacques Dessureault a expliqué que Valeant vend des portefeuilles de produits et non des marques et que le modèle commercial de l’entreprise est très différent. Il a ajouté que le modèle de vente de l’industrie pharmaceutique est inefficace et que cela devra changer.

Allison Rosenthal a mentionné que le modèle commercial d’Otsuka est plus traditionnel. Otsuka entend être une entreprise qui crée une valeur globale, pas une société pharmaceutique de grande envergure. L’entreprise est d’une taille assez petite pour miser sur les possibilités quoiqu’assez grande pour exercer une influence. Allison a ajouté que le modèle pour les lancements de produits a évolué pour devenir le moment où les patients obtiennent l’accès au médicament plutôt que le moment de l’obtention de l’avis de conformité pour le produit.

John Helou a mentionné que les spécialistes du marketing doivent devenir obsédés par la réinvention de leur formule marketing et que l’innovation est la clé du succès.

En repensant à votre propre évolution de carrière, quelles compétences ou leçons pouvez-vous en ressortir qui seraient susceptibles de nous guider dans l’industrie pharmaceutique de l’avenir proche?

Eric Tse a dit que chacun doit s’occuper de sa propre évolution de carrière. Il a expliqué qu’il faut évaluer pour soi où on veut aller, quelles voies emprunter pour y parvenir et élaborer un plan et en discuter avec son superviseur ou son entreprise. Il a communiqué qu’au moment où il a fait sa propre évaluation, il a découvert qu’une mutation latérale l’a aidé à acquérir une expérience qui lui a été bénéfique à long terme. Il a déclaré, « Il faut être bon dans les fonctions qu’on occupe et retenir les apprentissages de chacun de nos postes. »

Jacques Dessureault avait deux conseils à donner : 1) Soyez mal à l’aise et 2) Arrêtez de tout compliquer inutilement. Il a fait remarquer que la réussite en affaires s’explique souvent par ce qu’on n’apprend pas à l’école. Il a encouragé à prendre des risques et à saisir les possibilités quand elles se présentent. Il a ajouté, « S’il n’y a pas de concordance entre vous et une entreprise, partez. »

Pouvez-vous vous exprimer sur une transformation par laquelle votre entreprise est passée et nous dire, du point de vue d’un dirigeant, comment faire pour assurer sa réussite?

Jon Fairest a répondu que sanofi se transforme d’une société pharmaceutique traditionnelle en une entreprise de soins de santé qui offre des solutions de santé. Il a mentionné qu’il est nécessaire de rebâtir la conviction que l’entreprise construit un avenir durable. Avec les nouveaux produits qui arrivent (c.-à-d. des agents biologiques), il y a des besoins différents et les entreprises doivent s’assurer que les patients obtiennent le meilleur accès à l’innovation.

John Helou croit qu’il faut faire preuve de rigueur pour déterminer en quoi une entreprise veut se transformer. Il faut établir des limites et ensuite il faut acquérir les compétences nécessaires pour exceller dans ce domaine. Il pense que la transformation devient une image de marque à part entière qui a besoin d’être alimentée.

Jacques Dessureault croit que l’incertitude est ce qu’il y a de pire et que la clarté et la vitesse sont nécessaires pour que les transformations réussissent.

Cynthia a ensuite lu certaines questions provenant de l’auditoire et les réponses des conférenciers sont résumées ci-dessous.

 

  • Q: Qu’est-ce qui vous inspire?
    • L’idée de bâtir quelque chose, de sortir de sa zone de confort, sans précèdent ni carte routière.
    • Les membres des équipes avec lesquels je travaille. Dans cette industrie, nous avons la chance que les personnes soient confrontées à l’adversité et la combattent jusqu’au bout et qu’elles soient fières de ce qu’elles font.
    • Obtenir davantage de mon équipe que ce que ses membres pensaient possible et les voir s’améliorer et apprendre chaque jour.
    • Diriger une entreprise qui peut avoir une influence sur mes parents et sur leur santé.
    • Aider despersonnes malades et leur donner un accès à des médicaments qui peuvent changer leur vie et améliorer leur qualité de vie.

  • Q: Au titre de seule femme au sein du groupe de discussion (Allison Rosenthal), pensez-vous que les femmes devraient agir autrement pour assurer leur progression?
    • Non, chacun doit faire ce qui lui semble juste. Il faut gérer notre propre carrière et faire ce qui nous enthousiasme et nous passionne
    • Il est important de prendre des risques; chacun est responsable de son propre destin

  • Q: Que fait Rx&D pour élargir son rôle à l’égard des dirigeants des associations de patients?
    • Nous devons améliorer les moments de l’offre de produits aux patients; si les associations de patients peuvent y jouer un rôle crucial, nous pouvons les soutenir
    • Les associations sont divisées par type de maladie et cela les affaiblit

  • Q: Comment entrevoyez-vous l’évolution du rôle du patient avec la prolifération d’Internet et l’accessibilité à l’information?
    • Ce rôle est crucial dans le cas des maladies rares, mais la voix des patients n’est pas si forte que cela dans les autres domaines et il pourrait ne pas être nécessaire qu’elle soit forte
    • En tant qu’industrie, nous ne devrions pas être aussi frileux de « tâter le terrain »; faire partie de ce dialogue comporte des avantages

  • Q: De quelles stratégies vous servez-vous pour attirer des employés et les retenir?
    • La curiosité et la motivation à apprendre parce que cela s’accompagne d’énergie et de passion
    • Embaucher les personnes qui correspondent le mieux avec l’entreprise
    • Les qualifications ne sont qu’une petite partie du casse-tête

  • Q: Qu’est-ce qui vous empêche de dormir?
    • La durabilité
    • Les enjeux qui touchent les personnes; prendre les bonnes décisions pour conserver des emplois durables pour les employés
    • Les produits qui arrivent sur le marché ont à présent une exclusivité de 8 ans sur les données; est-il possible d’obtenir un rendement adéquat du capital investi en 5 ans de commercialisation; c’est ce qui devrait nous inquiéter

  • Cynthia a conclu la soirée sur ses propres réflexions à retenir :
    • Soyez obsédés par l’efficacité
    • Soyez opportunistes
    • Soyez mal à l’aise
    • Définissez votre raison d’être, pour votre marque ou pour vous
    • Remettez le statut quo en question

 

Lara Holmes
Rédactrice médicale
Courriel : lholmes@videotron.ca
Téléphone : 514-425-4977

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