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Quand la pub est atroce

On ne retrouvait aucune annonce canadienne de produit pharmaceutique dans la présentation des " mauvaises publicités " de Bob Garfield, ce qui est en soi une bonne nouvelle. C'est toutefois également une mauvaise nouvelle. Pourquoi, vous direz-vous. Eh bien tout simplement parce que ça aurait été encore plus drôle. Ne vous méprenez pas, il n'en demeure pas moins que c'est hilarant de visionner quelques-unes des pires annonces télévisées au monde. C'est un peu comme un déraillement de train, c'est insoutenable, mais on ne peut pas s'empêcher de regarder. Nous avons beaucoup ri, les yeux roulaient à un rythme étourdissant et nous aurions pu nous croire à un congrès de têtes branlantes, à voir le nombre de signes de tête entendus indiquant que pour rien au monde les participants n'en auraient fait autant. Cette présentation a toutefois eu le mérite de nous faire réfléchir,ce qui a toujours été le but de M. Garfield.

À titre de rédacteur de sa revue des publicités (Ad Review) dans Advertising Age, le travail de Bob Garfield est le plus sympa ou le plus dangereux au monde. En effet, il est payé pour incendier ou encenser les concepts publicitaires, et il le fait avec un humour à froid et une intelligence qui lui sont propres. Il dit les choses telles qu'elles sont, au grand dam des habitants de créativité-village, dont les indigènes entièrement vêtus de noir et arborant une queue de cheval convoitent les honneurs, petits et grands. D'après M. Garfield, il y a tout simplement beaucoup trop de rédacteurs publicitaires et de directeurs artistiques qui planent à un niveau nettement supérieur au reste de la population. Ils semblent n'avoir pour objectif que de remporter des prix pour eux-mêmes, plutôt que d'augmenter les ventes de leurs clients. En fait, les récompenses peuvent aider une agence de publicité à acquérir de nouveaux clients - souvent aux dépens de leurs clients existants.

Après plusieurs bobines de publicités atroces de compagnies aériennes, de papier hygiénique, de souliers de sport et de Calvin Klein, toutes aussi divertissantes, hilarantes et insultantes les unes que les autres, une question d'un participant a finalement incité M. Garfield à parler de l'industrie pharmaceutique. Tout en étant convaincu que la réglementation est bonne pour la publicité et pour les clients et qu'une publicité qui respecte la déontologie est vraiment morale, c'est sur les annonces de produits grand public que M. Garfield se déchaîne. Il accuse les annonces de produits grand public de créer de la confusion chez les consommateurs au sujet des ingrédients des produits et les qualifie des " plus régulièrement malhonnêtes ". À la suite de ces annonces, un plus grand nombre de consommateurs font une surconsommation de médicament.

Cette tendance à la surconsommation de médicaments des consommateurs s'explique si l'on en croit les propos de M. Garfield au sujet des consommateurs en général dans son dernier livre intitulé " And Now a Few Words from Me ". " C'est maintenant un stéréotype de laisser entendre que la publicité est une insulte à l'intelligence, et c'est parfois le cas. Pourtant, la plupart du temps, c'est le contraire qui se produit. La publicité donne plus de crédit à l'intelligence, au bon sens et au raffinement que l'on peut raisonnablement en attendre… n'oubliez pas que vous devez impressionner le public cible, même si, selon toute probabilité, ce public cible ne vous impressionne pas ".