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Le 19 janvier 2010
Moins de bon travail, plus d’excellent travail

Je présume qu’on devrait tous faire de l’exercice le matin. Michael Bungay Stanier, fondateur de Box of Crayons, nous a donc proposé un exercice de réseautage. « Sortez tous vos cartes professionnelles. Levez-vous, allez trouver quelqu’un dont vous n’avez jamais fait la connaissance et présentez-vous. Pendant les trois prochaines minutes, je veux que vous lui parliez de votre meilleur moment de la semaine dernière et du pire. Go! »

Vous avez bien compris. Le premier petit-déjeuner du CMPQ de l’année 2010 a commencé comme une séance de rencontres express. Avez-vous rencontré quelqu’un de spécial? Un client potentiel? Votre âme sœur? Si la réponse était négative, nous avions la chance de ressayer. Au son de la cloche (oui, il y avait bel et bien une cloche), on nous a dit de remercier la personne avec laquelle nous nous trouvions et de regagner notre place.

Avec l’amorce de discussion autour du meilleur et du pire moment de la semaine, Stanier cherchait à améliorer les banalités d’usage qu’aucun de nous ne maîtrise, mais qui sont importantes dans le monde des affaires. Il s’agit également d’une technique d’accompagnement professionnel efficace pour la gestion de ressources humaines, y compris de clients, et l’établissement d’un autre type de relation avec celles-ci.

Box of Crayons, l’entreprise de Michael Stanier, a pour mission d’aider les gens à « faire moins de bon travail et plus d’excellent travail ». L’approche préconisée pour nous aider, vous et moi, est résumée d’une façon inspirante par Steve Jobs qui a dit que « la seule façon de faire de l’excellent travail consiste à aimer ce qu’on fait. Si vous n’avez pas encore trouvé ce que vous aimez, continuer à chercher. Ne vous contentez pas de ce que vous faites. Comme pour tout ce qui concerne le cœur, vous saurez que vous avez trouvé ce que vous cherchez quand vous le trouverez. » Michael Stanier veut que nous nous imaginions que tout ce que nous avons fait est tombé dans l’une de ces trois boîtes : mauvais travail, bon travail et excellent travail. Qu’est-ce que le mauvais travail? « Celui qui vous donne envie de saisir une fourchette et de vous l’enfoncer dans l’œil encore et encore. » Ce sont des réunions inutiles, la direction qui parle sans arrêt de choses futiles, des processus, de la paperasse, la bureaucratie. Dites donc! Mais il lit dans nos pensées!

L’inspiration pour mettre fin au mauvais travail vient d’une chaîne de détaillants d’électronique du Royaume-Uni appelée Richer Sounds. Elle est mentionnée dans le Livre des records Guinness parce qu’elle détient le record de ventes au détail par pied carré. Son administration comprend un comité Anti-blabla (« Cut the Crap Committee »). C’est clair, non? La tâche du comité consiste à éliminer les pertes de temps et d’énergie au sein de l’entreprise. Autrement dit, il élimine le mauvais travail. Mais qu’est-ce que le bon travail?

Selon Michael Stanier, la meilleure définition du bon travail correspond à la description de notre emploi : ce que nous faisons la plupart du temps et pendant la plus grande partie de la journée. Et c’est très bien comme cela puisque l’organisation même de l’entreprise soutient cette définition. C’est le travail acharné que vous accomplissez semaine après semaine. Vous en souvenez-vous? Probablement pas, tout simplement parce que ce n’est pas de l’excellent travail.

Par excellent travail, on entend ce dont vous vous vantez, ce que vous ajoutez à votre CV, ce dont vous parlez sur votre blogue. Sachez cependant que l’excellent travail ne se réalise pas sans crainte. On peut tout rater. S’il était si facile de faire de l’excellent travail, nous en ferions tous plus et nous aimerions tous en faire plus parce que la réussite, c’est excitant. Mais faire de l’excellent travail n’est pas aussi simple que de se contenter de faire du bon travail.

Après cela, les braves pros du pharmaceutique ont été conviés à une autre séance de rencontres express (et de rires) et d’exercices de réseautage, pendant laquelle ils ont échangé leurs histoires de mauvais, de bon et d’excellent travail. Tous ont semblé raconter volontiers leurs réussites et leurs échecs. Ces histoires ont uni les participants, quels que soient leur passé, leur âge ou leur expérience professionnelle.

J’imagine que c’est précisément le but d’un bon réseautage. On peut échanger des cartes professionnelles, mais peut-on remplacer les banalités d’usage par des histoires susceptibles d’être interprétées comme un apitoiement sur son propre sort ou de la vantardise? Tout dépend de la façon dont on définit le mauvais, le bon et l’excellent travail.

Rich Hammond
rich@richhammond.com