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Le 21 octobre 2008
Innover ou disparaître

L’idée selon laquelle le plus difficile n’est pas de trouver un moyen de peupler son esprit d’idées novatrices, mais plutôt de trouver comment se débarrasser des vieilles donne un nouveau sens à la « stratégie de retrait », n'est-ce pas ? Voilà une des idées fortes exprimées par Jim Carroll, futuriste réputé et consultant très prisé, lors de la conférence qu’il a donnée, un certain matin froid et pluvieux d’octobre, devant les fidèles du CMPQ.

Né à Valleyfield, au Québec, et résidant maintenant en Ontario, Jim Carroll a joliment rivalisé avec le café du Hilton pour nous réveiller en énonçant le principe fondamental, et particulièrement pertinent de nos jours, selon lequel la seule cadence que nous connaissions est celle que nous dicte l’attraction gravitationnelle du marché boursier : qui innovera survivra.

Eh Jim ! Et si tu nous disais quelque chose que nous n’avons pas déjà entendu ? Ne me dis pas que mes cheveux ont frisotté sous la pluie pour ça. Mes frisottis ont ma foi valu la peine, car Jim nous a présenté neuf concepts percutants que nous pouvions immédiatement mettre en application pour encourager l’innovation.

Selon le premier concept, tout commence dans la tête. Comme par hasard, c’est exactement ce que dit le livre de croissance personnelle que je suis en train de lire. Mais je m’écarte du sujet. En effet, les entreprises qui innovent adoptent une bonne attitude en se concentrant sur leur croissance. Elles ne quittent pas la balle des yeux. La fidélisation de leur clientèle devient une véritable obsession.

Une fois qu’on a décidé d’innover, la prochaine étape importante pour y parvenir est de reformuler ce qu’on entend par « innover ». La majorité d’entre nous cite Apple et Steve Jobs comme des exemples typiques d’innovation. Jim a fait la preuve qu’innover n’est pas nécessairement synonyme de prestige, de gadget ou de jolies mélodies accrocheuses. Par innovation, on entend parfois la simple amélioration de la gestion d’une entreprise (par la réduction des coûts de production, par exemple) ou la croissance de l’entreprise grâce à de nouvelles idées marketing (dans notre cas, pour joindre les médecins) ou grâce à la transformation de l’entreprise.

Le temps, pas plus que la transformation, n’attend personne. Jim nous a présenté le concept de la « cadence des activités commerciales ». Les cycles de vie des marques ont été remplacés par les « cycles d’innovation », qui sont eux-mêmes maintenant accélérés. Dans le passé, les produits de consommation avaient des cycles de vie de deux ou de trois ans. Des sociétés comme Minolta lancent maintenant des appareils photo numériques ayant un cycle de vie de six mois. D’autres entreprises, telles Nintendo, Sony et Microsoft, réalisent 70 % de leurs records de ventes au cours des quatre ou cinq premiers jours suivant le lancement d’un nouveau jeu vidéo sur le marché. Imaginez comme notre réalité pharmaceutique serait différente si nous devions récupérer en une semaine tous les frais associés au lancement d’un produit ! Et nous servir de notre imagination est ce que Jim nous a conseillé de faire parce que l’imagination est le système GPS qui peut nous mener vers l’innovation.

Nous immerger dans des idées rapides, nous adapter à de nouveaux influenceurs, anticiper les changements transformationnels (parce que le changement est inéluctable), changer notre point de vue en réfléchissant à l’envers et ne pas oublier de naviguer entre les changements générationnels (ou profiter des changements démographiques, comme dirait David Foot), voilà ce que nous devons faire. Finalement, et peut-être même en tout premier lieu, les entreprises doivent, pour réussir à innover, bannir les saboteurs d’innovations (voilà l’élément essentiel qui nous ramène à l’idée exprimée au début de cet article). Ces saboteurs se reconnaissent eux-mêmes. Ce sont les défaitistes qui disent que « nous avons toujours fait les choses de cette façon », que « le patron n’embarquera pas » ou, faisant fi de toute rectitude politique, qui s’exclament que « c’est l’idée la plus stupide » qu’ils ont jamais entendue. (Vous pouvez remplacer cela par les commentaires de ce genre que vous préférez.) Exiler à jamais ces saboteurs dans l’île de Sainte-Immobilité est une façon de s’en débarrasser. Toutefois, appliquer les principes énoncés par Jim constitue une meilleure solution.

L’industrie pharmaceutique a toujours été présentée comme une industrie à concentration élevée de connaissances qui tirait sa fierté de son capital humain. Jim Carroll nous a proposé de réfléchir à l’envers pour transformer notre perception du capital humain en « capital expérientiel ». En d’autres mots, il nous a dit d’avancer de nouvelles idées, de prendre des risques. Nous devons observer, réfléchir, changer, oser, bannir, essayer, interroger, croître, faire, apprécier... et imaginer toutes les possibilités. Si nous ne le faisons pas, quelqu’un d’autre le fera.

Enza Cignarella
enza.cignarella@spcorp.com

Présentation (PDF 3.332 MB)