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25 novembre 2015

SYNERGIES PHARMACIE-PHARMA : ABORDER UN ENVIRONNEMENT EN CHANGEMENT

Comment tirer avantage des programmes destinés aux patients et créer des partenariats gagnants avec les pharmaciens

La réunion du mois réunissait deux conférenciers qui ont donné leur point de vue sur les synergies pharmacie-pharma et sur le rôle des pharmaciens dans l’environnement actuel. Le premier conférencier était Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec. Il a mis l’accent sur l’évolution du rôle des pharmaciens et sur leur principal objectif qui consiste à protéger leurs patients en travaillant pour eux et non pour les sociétés pharmaceutiques. Il a expliqué qu’il n’est possible de réaliser cette mission qu’en n’admettant que des pharmaciens compétents dans la profession et en faisant en sorte que l’Ordre des pharmaciens reste intact. L’Ordre des pharmaciens s’est doté de normes d’exercice et surveille continuellement les pratiques des pharmacies afin de s’assurer que les normes exigées sont respectées.

Bertrand a proposé que les pharmaciens soient à présent des « coachs » en médicaments. « Comme un coach personnel, un pharmacien aidera à prévenir les effets secondaires et à améliorer l’efficacité des traitements ». Il a souligné que l’un des principaux problèmes au Québec est le fait que de nombreux patients n’ont pas accès à un omnipraticien. Par conséquent, ils viennent à la pharmacie et ils demandent des conseils et du soutien parce qu’ils ne veulent pas aller à la clinique ou à l’urgence pour avoir un traitement. Le pharmacien offre un accès facile, une expertise/des compétences, une réputation et une confiance. En fait, le pharmacien est souvent le professionnel de la santé que les patients voient le plus.

Le rôle des pharmaciens s’élargit encore plus en raison de la Loi 41, puisqu’ils sont maintenant autorisés à exécuter plus de services, notamment :

  • Prescrire des médicaments pour certaines conditions mineures
  • Prescrire et interpréter des analyses de laboratoire
  • Administrer un médicament afin d’en démontrer l’usage approprié
  • Substituer des médicaments
    • En cas de rupture d’approvisionnement ou de la même classe thérapeutique à une posologie comparable
  • Prolonger des ordonnances
    • Pour les patients en attente d’un rendez-vous ou pour les patients stables qui sont devenus « orphelins de médecin »
  • Ajuster des ordonnances
    • Forme posologique (solide, liquide), dose, horaire/fréquence d’administration, quantité (synchronisation) et teneur (prévention des effets indésirables)

Alors, de quoi les pharmaciens ont-ils besoin de la part des sociétés pharmaceutiques? Bertrand a précisé qu’ils ont besoin de formation et de techniques de vente. On dit aux pharmaciens de vendre leurs services, mais ce ne sont pas de bons vendeurs. Il a mentionné qu’ils ont également besoin de FPC pour rester à jour sur les produits et les maladies. Les pharmaciens ont également besoin de formation au point d’intervention et de programmes de dépistage, tels que les journées de la pharmacie. De quoi les pharmaciens n’ont-ils pas besoin de la part des sociétés pharmaceutiques? Bertrand a dit qu’ils n’ont pas besoin :

  • D’une participation directe auprès du patient
  • De distribution de produits de spécialité
  • De paiements directs de l’industrie au pharmacien
  • De réseaux de fournisseurs privilégiés (pas possibles au Québec)
  • De programmes de fidélisation

Bertrand a conclu sa conférence en disant que les sociétés pharmaceutiques et les pharmaciens ont besoin de travailler plus étroitement ensemble et non pas séparément. Il a dit : « Sans supervision du pharmacien, les médicaments sont comme un avion sur l’autopilote. Cela peut fonctionner pendant un certain temps, mais c’est très dangereux. Cela semble onéreux, mais la valeur est bien là. Les pilotes coûtent cher, mais ils en valent la dépense ».

Le conférencier suivant était Ken Saldanha, directeur du développement des entreprises, Réseau de santé spécialisé de Shoppers Drug Mart. Il a parlé du volet des produits de spécialité du commerce de la pharmacie. Il a commencé par quelques statistiques sur le marché canadien des médicaments : le marché a connu une croissance globale de 4,4 %, les produits biologiques et en oncologie ont quant à eux connu une croissance de 10,4 % et de 12,3 %, respectivement. D’ici 2020, 30 % du marché sera constitué de produits biologiques et, d’ici 2018, on prédit que 50 % des ventes des 100 principaux produits pharmaceutiques devraient provenir des produits biologiques.

Ken a souligné que la plupart des médicaments de spécialité sont pour le traitement de maladies rares qui touchent de petites populations. Ce sont des médicaments qui ont leurs propres éventails de caractéristiques spéciales, entre autres un coût élevé, une surveillance continue, une formation des patients, une manipulation spéciale, etc. Alors, qui est le groupe idéal pour offrir ces services? Ces produits ont besoin de prestateurs de services spécialisés et de pharmacies spécialisées. Ces pharmacies emploient des pharmaciens qui ont une connaissance approfondie pour fournir des services appropriés aux patients, par exemple :

  • Conseils aux patients quant à l’administration, l’entreposage, les effets indésirables et les interactions médicamenteuses
  • Des rappels de renouvellement d’ordonnances pour s’assurer de l’observance thérapeutique et de résultats optimums
  • Un contrôle de la chaîne du froid et de la température ambiante pour s’assurer que les médicaments parviennent rapidement aux patients et dans un état optimal
  • Des salles blanches stériles homologuées pour la préparation IV stérile de médicaments cytotoxiques et non cytotoxiques

Mais les médicaments de spécialité seront-ils limités aux pharmacies spécialisées? Ken a répondu non, parce que de nombreuses pharmacies communautaires se spécialisent à présent pour ces médicaments. À cet égard, Ken a insisté sur le fait que l’industrie pharmaceutique a une grande possibilité de collaborer avec les pharmaciens et de s’engager à leurs côtés dans ce domaine. Il a dit qu’il faudrait tirer avantage des réseaux de pharmacies communautaires pour livrer le plus facilement possible les médicaments aux patients.

Ken a conclu sur les points suivants :

  • Possibilités : connaissances et expertise viennent au premier plan
    • Il s’agit de molécules et de maladies complexes, c’est pourquoi il est nécessaire que les pharmaciens reçoivent de la formation et une expertise pour qu’ils puissent devenir des partenaires compétents
    • L’industrie pharmaceutique peut être une partie de la solution en fournissant le soutien et les outils nécessaires
  • Réseau : capacité de s’adapter au choix du patient; élaborer le modèle le plus approprié pour mieux servir chaque patient
  • Point de vue du patient : faire affaire avec une pharmacie de son choix; le pharmacien communautaire doit passer à la vitesse supérieure pour que cela se produise à l’avantage du patient; fournir une continuité de soins, particulièrement pour les produits de spécialité
  • Fabricants : considérer les médicaments de spécialité comme un service de santé plutôt qu’une vente et inclure les pharmacies communautaires aux soins totaux aux patients
    • Ils veulent donner une expérience harmonieuse et agréable aux patients au niveau de la pharmacie pour favoriser leur observance thérapeutique

Les conférenciers ont ensuite répondu à quelques questions, entre autres :

Q : Nous tendons vers une médecine fondée sur la valeur et tout le monde aimerait faire une tarification et une répartition fondées sur la valeur, mais c’est plus compliqué parce qu’il faut que cela soit mesuré, or nous ne pouvons pas mesurer le système de santé. Quelle part de tout cela voyez-vous pour les pharmaciens?

R : Ce n’est pas facile de mesurer les résultats. La mesure est importante, mais nous devons faire en sorte que les patients soient plus informés et deviennent des partenaires dans leurs propres soins. Des études révèlent que, lorsqu’il y a un encadrement des patients, les coûts des médicaments diminuent parce que les patients en ont une meilleure maîtrise.

Q : En ce qui concerne les pharmacies spécialisées et les pharmacies communautaires, les patients veulent aller où ils veulent et là où ils ont une relation avec leur pharmacien local. Toutefois, il est possible que le pharmacien communautaire local n’ait pas les connaissances requises. Comment cela va-t-il fonctionner sur le plan de la responsabilité si le patient commande son produit spécialisé au « magasin » du coin?

R : Selon leur code de conduite, les pharmaciens ne doivent pas poser un acte avec lequel ils ne sont pas à l’aise. Ils doivent orienter le patient vers un collègue qui se sent à l’aise et le pharmacien doit s’assurer d’avoir le dossier complet du patient, sinon il est responsable.

 

Lara Holmes
Rédactrice médicale
Courriel : lholmes@videotron.ca
Téléphone : 514-425-4977

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25 avril 2018

Le pouvoir d’agir: Partenariat avec les associations de patients pour améliorer les résultats en matière de soins de santé

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Cocktail : 17 h 30
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Présentation : 19 h 00

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