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Le 24 janvier 2012
L’avenir de la stratégie biopharmaceutique provinciale du Québec

Conférenciers

Marc Leduc, Directeur général, Coordination et intervention sectorielle, Gouvernement du Québec
Claude Perron, Directeur général, Shire Canada
Walter Robinson, V.-p., Affaires gouvernementales, Rx&D

Mobiliser, innover, prospérer; ce sont des conseils judicieux pour l’avenir. Pourtant, les points forts de l’industrie pharmaceutique - un immense bassin de personnes de talent et une excellente infrastructure - sont-ils suffisants pour survivre et réussir dans la nouvelle réalité mondiale ?

Joseph Atallah, modérateur et v.-p. du CMPQ, a invité à l’auditoire à bien commencer la deuxième moitié de l’année en présentant cette activité commanditée par Shire. Messieurs Marc Leduc, directeur général de la coordination et de l’intervention sectorielle au gouvernement du Québec, Claude Perron, directeur général de Shire Canada et Walter Robinson, vice-président, Affaires gouvernementales de Rx&D, étaient les conférenciers invités et ont donné leur point de vue sur la direction vers laquelle se dirige l’industrie pharmaceutique du Québec.

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L’industrie pharmaceutique, un secteur essentiel de l’économie du Québec, traverse une tempête difficile. Avec l’expiration massive imminente des brevets des gros médicaments innovants, le développement de marchés émergeants dans la zone BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la relocalisation des activités, la diminution des investissements internes en R&D, une diminution du nombre d’emplois de plus de 20 000 en 2008 à approximativement 16 000 en 2012, l’industrie connaît des changements et des restructurations sans précédent.

Monsieur Robinson a énuméré les fusions, les acquisitions, les consolidations, les partenariats, le modèle de recherche en évolution et les économies générées par les payeurs, qui ont tous eu des répercussions sur notre secteur. C’est à se demander comment l’industrie pharmaceutique peut non seulement faire face, mais également réussir dans cet environnement mouvant…. Cependant, l’histoire nous donne raison d’espérer.

Cela soulève la question suivante : Que fera le gouvernement provincial pour travailler en partenariat avec notre industrie au Québec à ce stade critique?

M. Leduc, dans sa présentation intitulée « Maintenir l’excellence en créant de la richesse au Québec », a souligné succinctement le plan d’action du gouvernement provincial pour faire en sorte que notre industrie reste une partie forte, croissante et innovante de l’avenir de l’économie.

Il a commencé par faire remarquer que le Québec, à titre de chef de file du secteur biopharmaceutique, se targue d’accueillir les 10 plus importantes sociétés pharmaceutiques mondiales et d’abriter le siège social canadien de 15 sociétés pharmaceutiques internationales, 4 des 5 centres privés de recherche fondamentale au Canada et 75 centres publics et privés de recherche universitaire en santé. Tout impressionnant que cela puisse paraître, M. Leduc a mentionné que c’est un « secteur dans lequel le Québec doit être prêt à se battre pour maintenir son leadership ».

La province dispose de nombreux moyens pour tenter de préserver son statut et maintenir un environnement attirant et concurrentiel par le truchement de sa stratégie biopharmaceutique proactive, a déclaré M. Leduc.

Ses objectifs sont entre autres d’augmenter la recherche (39 M$), d’injecter du financement dans le développement et la collaboration de sociétés biotechnologiques (30,9 M$) et pharmaceutiques (50 M$), de promouvoir l’image du Québec à l’échelle mondiale en tant que plaque tournante biopharmaceutique internationale (2,5 M$) et de maintenir une main d’œuvre qui permet de répondre aux besoins de l’industrie.

Une autre partie importante de la stratégie consiste toutefois à favoriser la collaboration entre l’industrie et les universités en finançant le Consortium québécois sur la découverte du médicament (9 M$) en trois ans, en finançant Génome Québec (30 M$) pour stimuler la recherche en découverte de médicaments et les avancées en génomique, et en finançant le Fonds de la recherche Québec- Santé (6 M$) pour la « mise en œuvre d’un nouveau programme consacré à l’élargissement de l’accessibilité aux ressources dans les centres de recherche pour mener à bien les recherches cliniques ».

En outre, les autres éléments essentiels qui aideront à promouvoir une industrie saine comprennent l’investissement de plus de 6 milliards $ pour la construction d’un hôpital universitaire susceptible de devenir un moteur de développement économique, de soutien financier envers la création d’une économie régionale prospère dans le couloir Québec-Ontario afin d’attirer des investissements étrangers, ainsi que l’élaboration d’une stratégie de soins de santé personnalisés qui puisse s’adapter aux besoins particuliers de chaque patient, en partenariat avec le fonds de recherche en santé du Québec et Génome Québec.

Que serait un plan sans crédits d’impôts? Des crédits d’impôts concurrentiels en R-D pour 2006-2011 étaient inclus à ce plan ainsi qu’une exonération fiscale pour les chercheurs et les experts étrangers pour la période 2006-2011.

Si l’on y ajoute la création de fonds de démarrage d’entreprises et le maintien d’un environnement commercial concurrentiel par l’intermédiaire du Forum permanent d’échanges — qui vise à réunir toutes les parties prenantes du secteur des entreprises de recherche pharmaceutique — on obtient un ensemble de mesures très complet.

Walter Robinson a été le conférencier suivant.

« Le terme turbulences semble bien décrire la situation actuelle de notre secteur … Nous en sommes à un point d’inflexion », a-t-il déclaré.

Les ventes pharmaceutiques au Canada représentent une part de 3 % du marché mondial et nous attirons un peu plus de 1 % des investissements mondiaux dans les sciences de la vie. De plus, avec des pays comme la Chine et l’Inde qui totalisent 2,9 milliards de personnes à eux deux - 36 % de la population mondiale - cela représente une « concurrence féroce pour des investissements pharmaceutiques mondiaux de 110 milliards de dollars… Ce sont des marchés croissants dans notre secteur et nous devons leur livrer concurrence et en tenir compte », a poursuivi M. Robinson.

Il a ajouté que le Canada a présentement un « régime de propriété intellectuelle non concurrentiel et non prévisible » et qu’il est vital de soutenir la propriété intellectuelle au sein de l’AECG (accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne) afin de mieux positionner le Canada afin d’obtenir une meilleure part de ce gâteau de 110 milliards de dollars.

En raison de notre « organisme réglementaire d’évaluation des technologies de la santé en évolution et d’un milieu très exigeant en matière de remboursement », en moyenne, un nouveau médicament sur cinq seulement est accepté et remboursé.

« C’est une difficulté avec laquelle vos entreprises doivent vivre tous les jours. Les chefs de la direction doivent retourner à leurs sièges sociaux mondiaux et dire, « Bon produit, mais le marché actuellement n’est pas propice », a déclaré M. Robinson.

Il a réitéré les répercussions de l’expiration massive imminente des brevets des médicaments innovants. « Entre 2010 et 2014, les entreprises pharmaceutiques réunies dans cette salle connaîtront une perte du marché de gros de 8,7 milliards de dollars. C’est une réalité commerciale difficile à laquelle un grand nombre d’entre vous êtes confrontés. »

Le moment est-il venu de mettre de côté notre attitude pessimiste et de jeter un coup d’œil sur toutes les bonnes choses qui arrivent ? M. Robinson le croît.

Malgré l’expiration des brevets de plusieurs gros médicaments, cela représente « une occasion pour les gouvernements de réaliser des économies grâce aux génériques sur le marché et de réinvestir ces économies dans les nouveaux médicaments innovateurs et les vaccins », a-t-il mentionné. « Et on peut dire au crédit du gouvernement du Québec qu’il a un historique de mise en œuvre de politiques innovantes ».

« Les gouvernements fédéral, provinciaux et des territoires soutiennent l’innovation… Nous devons reconnaître l’histoire positive de pensées, d’actions et de leadership dans la province du Québec sur le plan de la Règle des 15 ans1, de la Politique du médicament et du Forum permanent d’échanges2, » a-t-il mentionné. « Les possibilités continuent au Québec avec l’INESSS3 (Institut national d’excellence en santé et en services sociaux), votre agence d’évaluation des technologies de la santé qui reconnaît et apprécie l’innovation progressive ».

Non seulement la création du couloir Québec-Ontario des sciences de la vie est-elle cruciale, mais elle représente un gros point positif qui démontre que l’industrie travaille en tant que nation. « Le message essentiel est que les autres pays ont des stratégies des sciences de la vie très dynamiques et que le Canada s’en rend lentement compte », a précisé M. Robinson.

De plus, la satisfaction des besoins d’une population vieillissante qui connaît une incidence croissante de maladies chroniques, la satisfaction de besoins jamais comblés auparavant par le truchement de produits biologiques, de dispositifs, de TI, de vaccins, de nutrition et l’élaboration de filons de produits solides avec des traitements prometteurs dans les domaines de l’oncologie, des maladies infectieuses, de la santé mentale, de la prise en charge de la douleur et de la maladie d’Alzheimer, tout cela offre des possibilités supplémentaires de croissance pour notre industrie mais, plus important encore, de l’espoir pour les patients.

Les derniers mots de M. Robinson nous ont laissé matière à réflexion. « Nous avons une grande tâche à accomplir en tant qu’industrie, en matière de progression de la santé humaine, de création de bons emplois… Nous avons beaucoup à offrir… Notre message, en tant que Rx&D, est que le leadership du Québec, sur le plan des politiques que nous voulons créer conjointement avec vous, est essentiel parce qu’à ce stade, la marée montante soulève tous les bateaux. Vous, dans cette pièce, avez l’expérience, le talent et la passion qu’il faut pour travailler avec le gouvernement du Québec. Vous avez notre promesse que nous allons travailler avec vous ».

M. Perron, notre conférencier suivant, a insisté sur la nécessité de modifier la politique de remboursement des médicaments innovants. Actuellement, 20 % seulement des nouveaux médicaments sont remboursés, comparativement à 70 – 75 % par le passé. Il a ajouté que le Québec a toujours été à l’avant-garde et a assumé un rôle de leadership et que le moment est maintenant venu de nous « différencier » sur le marché mondial.

En réponse à la question de la pertinence du Québec en tant que destination attirante pour des employés talentueux et des investissements en lien avec la nouvelle réalité mondiale, M. Perron a mentionné que nous pouvons déterminer, par des discussions et en travaillant en partenariat pour trouver des solutions et des moyens de les mettre en œuvre, de quelle façon le Québec se situe à l’écart des autres marchés de sorte d’assurer un avenir florissant au secteur biopharmaceutique.

Il a ajouté que la politique gouvernementale du Québec et ses mesures d’incitation pour encourager les entreprises à investir placent la province à l’avant-garde. La province est très concurrentielle à ces égards, mais un rattrapage a maintenant lieu à l’échelle mondiale et tout le monde a également recours aux mesures incitatives.

Nous sommes à un carrefour d’après M. Leduc. Nous devons faire en sorte de nous distinguer dans les aspects où le Québec et le Canada excellent. M. Leduc a convenu que nous devons accélérer la promotion de l’industrie et que le gouvernement du Québec est vivement désireux de stimuler l’innovation et d’envisager de faire de sa promotion une priorité.

Nous devons être prêts à le faire immédiatement et à maintenir nos outils à jour afin de pouvoir continuer à progresser, a ajouté M. Perron. Nous devons prendre des décisions et convaincre les décideurs de nos idées, en nous adressant non seulement aux chefs de la direction et aux directeurs généraux mais également aux directeurs médicaux et aux responsables des politiques, et ce rapidement.

Lorsqu’il a mentionné les exemples et les moyens grâce auxquels le Québec a créé des conditions permettant d’aider à gérer le risque de la recherche et de l’innovation, M. Perron a précisé que, au fil des ans, le Québec a perdu bon nombre de fabricants de médicaments. Le marché biopharmaceutique est très aléatoire et nous devons faire en sorte de protéger notre propriété intellectuelle. La règle de 15 ans du Québec récompense notre innovation et comprend qu’une durée de vie de 6 à 8 ans pour un médicament n’est pas un bon plan commercial et n’est pas rentable.

Lorsqu’il a abordé la position du Québec quant à la biofabrication de haute technologie et ce qui peut être fait pour soutenir son développement, M. Robinson a parlé de médecine personnalisée et de produits biologiques. Quant à ce que l’avenir nous réserve, il a mentionné un nouveau médicament prometteur par voie orale pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, les vaccins, les agents biologiques, les produits diagnostiques, les dispositifs, les comprimés par voie orale, la nutrition, les sciences de la santé animale et la phytotechnie. « Une médecine personnalisée ? Oui, cela se situe assurément dans l’avenir. Uniquement les agents biologiques? Quand je pense à nos membres, je le remets en question », a précisé M. Robinson.

Sur les sujets de la recherche par l’intermédiaire du Consortium québécois sur la découverte du médicament, de Génome Québec et des possibilités d’échange d’information et de collaboration, nos experts ont parlé des deux nouveaux centres hospitaliers universitaires (Centre hospitalier de l'Université de Montréal et Centre universitaire de santé McGill) qui représentent une occasion unique de collaboration et de liens avec le monde universitaire. Selon M. Perron, cela crée une situation « gagnant-gagnant ». Il espère que ces centres de recherche à la fine pointe de la technologie encourageront les différentes parties prenantes à travailler ensemble à positionner Montréal en tant que centre de recherche et de développement. Cela permettrait, en retour, de créer un milieu d’affaires attirant et concurrentiel qui encouragerait un plus grand nombre d’investisseurs. Ainsi, tout le monde en bénéficierait.

 


 

 

  1. Engagement du Québec envers l’industrie pharmaceutique de rembourser le médicament d’origine aux patients pendant 15 ans malgré la commercialisation de versions génériques meilleur marché.
  2. Une rencontre des principaux intervenants dans le secteur de la recherche pharmaceutique au Québec pour trouver des solutions à la viabilité de notre système de santé et au maintien et à l’épanouissement de la recherche pharmaceutique au Québec face à une concurrence mondiale de plus en plus féroce.
  3. Il a pour mission « de promouvoir l’excellence clinique et l’utilisation efficace des ressources dans le secteur de la santé et des services sociaux ».

 

 


 

 

Olivia Kona
Écrivaine

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