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10 mai 2016

Rendons la santé épidémique

Cynthia Queano a démarré cette dernière activité éducative de la période 2015-2016 en présentant un résumé de quelques statistiques sur la participation des membres. Dans l’ensemble, nous avons connu une augmentation de participation de 14 % depuis le début de la période, ainsi qu’une énorme augmentation de participation de 40 % à la soirée dînatoire des Fêtes! Elle a également mentionné qu’Abbvie est un nouveau partenaire du CMPQ pour les programmes éducatifs et que Shannon Quinn sera la nouvelle présidente du CMPQ l’an prochain.

Le Dr Mike Evans, médecin à l’Hôpital St-Michael, professeur agrégé à l’Université de Toronto et l’un des responsables de la médecine préventive sur support numérique au Li Ka Shing Knowledge Institute, était le conférencier de cette soirée. Le point de départ du laboratoire du Dr Evans est de créer un vecteur de communication épidémique et de grande qualité dans le domaine de la santé, qui suscite l’engagement du public tout en encourageant des « soins de santé entre pairs ». Les vidéos sur tableau blanc du Dr Mike sont l’un des résultats de son laboratoire; ils ont été visionnés sur YouTube par plus de 12 millions de personnes. La présentation du Dr Mike s’intitulait, « Changer la clinique, changer les personnes, se changer soi-même ». Il a commencé par dire qu’il encourage les gens à être plus créatifs dans leur univers et à penser à des solutions inhabituelles.

Selon lui, sur un plan historique, la formation des patients consistait à dire aux patients ce qu’ils savaient déjà. Il pensait que le public est un groupe qui pourrait être plus investi. Il a souligné que deux tiers des problèmes de santé sont réglés à domicile, grâce aux patients qui se soignent eux-mêmes, qui font de l’auto-prévention et qui prennent en charge leur traitement. Toutefois, chacun est différent et a des manières de comprendre différentes, ce qui signifie que les moments propices à l’apprentissage varient d’une personne à l’autre. Par exemple, des « groupes » différents de personnes existent, comme les tenants d’une « approche holistique proactive », qui s’occupent de leur santé de façon proactive, ainsi que des personnes passives qui ont besoin d’un coup de pouce. En ce qui a trait aux « coups de pouce » en matière de commercialisation, ce qui peut échouer auprès d’un groupe peut très bien fonctionner chez un autre.

Le Dr Mike a aussi parlé des médias sociaux et des façons de s’en servir pour transmettre des messages astucieux, simples et narratifs sur la santé. Il a fourni quelques exemples, dont celui de Donald Low, spécialiste des maladies infectieuses bien connu, qui a souffert d’une tumeur cérébrale douloureuse et qui voulait une mort médicalement assistée. Sa femme l’a filmé sur vidéo et celle-ci a été diffusée par la CBC. En dix jours, elle était devenue un élément de premier plan dans la création d’une politique. Le Dr Mike a dit que dans de tels cas, la narration de ces récits crée des moments de grande révélation chez les spectateurs.

Il a mentionné les résultats d’une étude menée auprès de 20 000 hommes suédois et qui portait sur l’effet de cinq facteurs du mode de vie sur la fréquence d’infarctus du myocarde (IM). Si les hommes incorporaient les cinq facteurs dans leur vie, la fréquence des IM diminuait de 80 %. Cependant, 1 % seulement des hommes ont incorporé les cinq facteurs. Le Dr Mike a dit, « Nous consacrons tellement de temps à nous forger des abdominaux en tablette de chocolat, alors que tout ce que nous essayons vraiment c’est en avoir une rangée sous 75 pouces ».

Le Dr Mike a également parlé de sa vidéo intitulée « 23,5 heures » qui traite de la « maladie de la position assise ». La plupart des gens passent la plus grande partie de leurs journées en position assise et cette « maladie » est devenue un phénomène mondial. Cette vidéo a pour but de faire la promotion d’une demi-heure d’exercices par jour, ce qui procure une multitude de bienfaits pour la santé. Il a ensuite présenté des extraits d’une autre vidéo créée par son groupe, « Rendez-vous la vie un peu plus difficile », Cette vidéo se concentre sur la santé des baby-boomers comparativement aux générations précédentes; elle révèle qu’ils souffrent de plus de maladies chroniques, d’obésité et d’une moins bonne santé autoévaluée. Il a mentionné que les générations plus jeunes présentent des cas plus graves de « maladie de la position assise », parce que la technologie les a empêchés de devenir actifs. Par exemple, magasiner en ligne plutôt que de marcher dans les magasins. Le Dr Mike veut lancer un mouvement pour arrêter d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur et il encourage les gens à transformer leur semaine en empruntant les escaliers, en se déplaçant à vélo ou en tenant une réunion en marchant plutôt que dans une salle de conférence. Il a suggéré « stationnez votre voiture pas mal plus loin, dans la place réservée aux gens qui veulent vivre plus longtemps ». Dans le site Web intitulé Make Your Day Harder (www.makeyourdayharder.com), on trouve des personnages qui ont tous des prétextes, ce qui comprend Tired Tina, Busy Brian, Nervous Nina, Just Don’t Wanna Jonah, Full of Good Intentions Family et Ailing Ali. Le site Web est rempli de bonnes suggestions pour surmonter ces prétextes et convaincre les gens de bouger davantage.

Il a souligné que les changements de comportements répondent à une architecture sociale et que les gens doivent réfléchir à ce qu’est leur architecture pour pouvoir modifier des comportements. Il encourage les gens à procéder par petites étapes, à examiner leur semaine plutôt que leur vie et à faire de petits changements plutôt que d’en entreprendre des grands. Par exemple, pour modifier leurs habitudes alimentaires, les gens doivent être conscients de leurs tendances en matière de nourriture; sautent-ils des repas, sont-ils des mangeurs compulsifs de type « tout ou rien » ou des grignoteurs du soir? Il a également insisté sur le fait que la régularité est un objectif plus réaliste que la perfection et que les gens peuvent prendre la bonne décision avec modération.

Le Dr Mike a ensuite prodigué des astuces sur les soins de santé entre pairs et la façon de susciter l’engagement du public. Il a donné les conseils suivants :

1) Soyez assez invitants pour que les gens aient envie de partager sur leur média social ou dans leur communauté virtuelle

  • Il a donné des exemples d’actions qu’il a menées et qui se sont révélées invitantes
    • Bandes dessinées sur le cancer du sein et le diabète pour les personnes ayant un faible niveau d’alphabétisation
    • Sa vidéo autofinancée « 23,5 heures », qui n’a reçu aucun financement de l’industrie pharmaceutique ni d’aucune autre institution sanitaire; elle a été conçue pour être « l’école de médecine du public »

2) Captez la sagesse des patients

  • Le soutien psychosocial des patients cancéreux pourrait être amélioré; c’est ce qui a amené son groupe et lui à parler à des patients et à leur demander de réfléchir aux difficultés qu’ils ont vécues, par exemple l’image corporelle, l’annonce d’un diagnostic de cancer à leurs enfants, etc.
  • Il a présenté une vidéo qu’il a réalisée avec une patiente atteinte d’un cancer du sein avec métastases au cerveau et qui raconte comment elle l’a vécu, comment elle l’a annoncé à sa famille, etc.
  • Les patients sont des trésors incroyables, plus particulièrement dans le cas de maladies gênantes comme le cancer de l’intestin, etc.

3) Créer ou conserver?

  • Un grand nombre de renseignements sont accessibles pour alimenter les idées et permettre de découvrir les lacunes en matière d’information
  • Vous pouvez séparer les meilleurs renseignements qui sont pertinents pour les patients et les incorporer dans vos propres médias sociaux
  • Les cliniques peuvent créer des pages de fervents; il est possible de mettre en avant les messages publiés dans ces pages

En résumé, il a insisté sur les principaux points suivants :

  • Cohérence plutôt que perfection
  • Soyez des conservateurs et servez-vous de plateformes existantes
  • Les médias sociaux peuvent avoir une influence
  • Intégrez des récits dans les relations de soins
  • Créez une communauté
  • Agissez rapidement
  • Servez-vous de la technologie

Le Dr Evans a ensuite répondu à des questions de l’auditoire, dont voici un résumé :

Q: Qu’est-ce que l’industrie pharmaceutique pourrait faire autrement pour avoir une influence sur les patients et sur leur santé?

  • L’utilisation de la FPC et des guides d’opinion pour pousser les produits vers des lignes directrices ou vers des champs de pratique est « vieux jeu »
  • L’innovation et le concept de l’accélérateur en santé numérique (“hacking health”) comportent des possibilités intéressantes
  • Créer un milieu dans lequel les cliniciens peuvent apprendre les uns des autres
  • Concevoir une école de design pour les soins de santé; tourner un film avec un patient pour sujet et qui inclut tout ce dont il veut parler, ajouter des illustrations, le publier dans les médias sociaux, faire une baladodiffusion, créer un site Web en une journée et y envoyer les patients
  • Chaque cabinet compte des personnes qui aimeraient contribuer par des actions créatives; trouvez-les et mettez leurs capacités à contribution
  • L’industrie pharmaceutique va devoir découvrir la transparence et créer de la confiance; divulguez que vous faites partie de quelque chose depuis le début

Q: Si vous repensez à votre parcours, qu’y avait-il dans le concept du tableau blanc pour que cela ait fonctionné chez les gens?

  • Nous avons eu de la chance avec un produit et nous avons saisi cette chance
  • Tout portait sur l’éducation des patients, des résidents et sur l’obtention d’argent pour la recherche
  • Il n’y avait pas beaucoup de formateurs dans YouTube dans le domaine médical, nous avons donc saisi ce créneau

Q: Qu’en est-il de la communication avec les patients dans les voies non traditionnelles? Où la médecine générale en sera-t-elle dans 5 ans?

  • Il est vraisemblable que les applications d’ordonnances électroniques vont s’effondrer
  • Pourquoi les patients n’obtiennent-ils pas des résultats graphiques d’analyses de laboratoire/de tests sous un format facile à comprendre? Il faudrait rendre l’information visuelle pour les patients, car cela aiderait à obtenir les modifications de comportement désirées

Q: Nous sommes des spécialistes en commercialisation qui nous efforçons d’atteindre tous les médecins à l’échelle du Canada. Les guides d’opinion ne fonctionnent pas de la même façon que les omnipraticiens. Combien y a-t-il de médecins qui exercent « virtuellement » comparativement à quelques années auparavant?

  • La plupart des médecins diraient qu’ils effectuent une certaine forme de clinique par courriel, mais ils n’ont aucune motivation financière pour le faire
  • Je prendrais des guides d’opinion qui effectuent déjà des cliniques par courriel et qui trouvent du financement ou qui communiquent en direct par microblogage en utilisant des mots clés (« backchanneling »), puis je braquerais un projecteur sur eux et je leur demanderais de faire part de leur expérience
  • Des petites perles ou des appels à la prudence sont importants

 

Lara Holmes
Rédactrice médicale
Courriel : lholmes@videotron.ca
Téléphone : 514-425-4977

Pharma411

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20 novembre 2018

Les programmes de soutien au patient : une tendance ou une transformation

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