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Le 22 novembre 2016

VOCATION ET PROFIT

Lyna Tremblay, animatrice de la soirée, a commencé par rappeler à l’auditoire qu’en septembre, le sujet discuté était Innover dans un contexte d’hyper-réglementation; or, la rencontre de la soirée portait une fois encore sur l’innovation, quoique d’un point de vue très différent; Vocation et profit, réaliser l’impensable, ou est-il possible de fusionner ces deux énoncés? Pour répondre à cette question, nous avons eu le privilège d’avoir Lucie Bourgeois, fondatrice d’Umalia Inc., dont la mission consiste à aider les entreprises à réaliser l’énorme potentiel de leur engagement en matière de responsabilité sociale en vue de produire un impact sociétal solide et durable et d’obtenir une performance améliorée de l’entreprise.

Lucie a commencé par dire qu’elle est fermement convaincue que les initiatives sociétales et la recherche du profit en affaires peuvent et doivent aller de pair.

La création d’une valeur partagée est une approche de gestion. Nous devons créer ce changement de mentalité; le concept s’inspire du milieu des affaires et des universités, et son objectif est d’en faire un courant dominant et durable.

Pour créer une valeur partagée, il faut vouloir créer un changement qui permette aux personnes de parler de problèmes sociétaux, de déterminer ceux qui entourent plus particulièrement notre image de marque, notre entreprise et notre écosystème. Dans de nombreuses catégories, la différenciation devient imperceptible ou futile. Les entreprises doivent trouver d’autres moyens qui leur permettent de croître dans leur milieu; il est possible d’envisager les problèmes sociétaux comme des occasions d’affaires. Comme l’a dit Desmond Tutu, « nous vivons dans un univers moral ». Lucie a ajouté qu’il y a un rôle pour les entreprises et la société et qu’il faut redéfinir ce rôle. Il faut repenser le modèle du capitalisme sans modifier la nature fondamentale de ce qu’est le capitalisme, soit de générer des profits. Lucie a précisé que la valeur partagée n’est pas de la philanthropie, des valeurs personnelles et un équilibre avec les intérêts des parties prenantes, mais plutôt l’établissement de politiques et de pratiques qui permettront de rehausser la compétitivité de l’entreprise tout en faisant progresser simultanément les conditions économiques et sociétales vers des progrès durables et des profits.

Pour créer une valeur partagée, il faut satisfaire à 4 critères :

  1. Répondre à un besoin sociétal : celui-ci doit aller au-delà des avantages inhérents des produits/des services offerts.
  2. Assurer un impact transformateur : un impact sociétal mesurable – un impact sur la vie des personnes.
  3. Nourrir le modèle commercial : offrir un gain commercial, « c’est légitime de réaliser des profits ».
  4. Miser sur un écosystème : les partenariats sont essentiels pour stimuler ce changement afin d’ancrer l’initiative au centre de la société.

Lucie a conclu en disant que le concept de valeur partagée a pour but de nous aider à réfléchir autrement à notre entreprise; à être plus centrés sur les patients et plus axés sur des investissements dans la collectivité dans le cadre de toutes les initiatives qui sont mises de l’avant.

Pour la deuxième partie de la réunion, Lucie a invité Brigitte Viel, responsable des Communications à Shire Canada à communiquer ses 5 principaux éléments clés sur la valeur partagée dans le secteur pharmaceutique. Shire a fait partie d’un labo sur les valeurs partagées créé par Umalia en février et auquel participaient Ubisoft, Saputo, Jefo et Industrielle Alliance. Leur objectif principal consistait à créer un lieu de discussion sur le concept de valeur partagée et sur sa signification pour chacune des entreprises.

Les principaux apprentissages de Brigitte

  1. Faites vos devoirs : commencez par scruter et évaluer pour vous assurer d’avoir un portrait complet de tout ce que vous effectuez déjà dans la collectivité (philanthropie, partenariats, responsabilité sociétale de l’entreprise, etc.). Ensuite, diagnostiquez : y a-t-il des lacunes ou des possibilités à votre portée? Où voulez-vous que votre projet de valeur ajoutée ait un impact?
  2. Suscitez l’engagement de votre équipe : convainquez-les de se rallier! Faites-en des participants actifs au processus en tenant des séances d’information, des remue-méninges, des séances de création d’idées.
  3. Concentrez-vous sur le long terme : les projets à valeur ajoutée ont besoin de temps pour croître, comme tout beau jardin! Pensez en années – et non en semaines ou en mois – pour être en mesure de récolter complètement les bienfaits de vos efforts conjoints.
  4. Établissez des objectifs clairs : spécifiques - mesurables - axés sur un auditoire particulier – réalistes – temporels. Cela permettra aux partenaires concernés d’harmoniser leurs efforts et de surveiller l’évolution du projet. Tout le monde a intérêt à assurer la réussite du projet.
  5. Prenez l’engagement et tenez-le : vous avez fait vos devoirs, toutes les parties prenantes sont en harmonie et vous avez une bonne idée de là où vous allez… ensuite, franchissez le pas! Et voyez où cela vous mène.

La soirée s’est terminée par les réponses judicieuses des conférencières aux nombreuses questions de l’auditoire, qui sont résumées ci-dessous.

Questions de l’auditoire

  • Comment pouvons-nous en apprendre davantage sur le concept de valeur partagée; pouvez-vous nous conseiller des lectures préalables et nous dire quel genre de remue-méninges nous devrions faire?
    • Il ne fait aucun doute que les lectures préalables doivent inclure les articles du Harvard Business Review, qui sont un bon début, ainsi que de nombreuses études de cas et documents de référence sur la santé qui sont également accessibles à www.sharedvalue.org. Quant au remue-méninges, Lucie croit qu’il est nécessaire, surtout au début, d’être fermement guidés, parce que le mode de pensée est si différent qu’il faut une personne qui soit en mesure d’animer cette réflexion et de vous orienter dans la bonne direction. Brigitte Viel a appuyé totalement le besoin d’avoir une personne qui possède l’expertise pour tenir les séances de remue-méninges. Lucie a ajouté qu’Umalia offre une séance de présentation qui est destinée à l’équipe de direction ou au conseil d’administration, au cours de laquelle on communique ce qu’est une valeur partagée et ce que cela pourrait signifier pour l’entreprise.
  • Vous avez donné des exemples de création de valeur partagée dans les industries pharmaceutique et alimentaire; le concept de valeur partagée est-il ouvert à tous les types d’industries, comme les finances, les banques, les compagnies d’assurance?
    • Certaines industries y correspondent plus facilement que d’autres. Cette correspondance est parfois plus facile à trouver, et c’est le cas des industries pharmaceutique, alimentaire et financière; toutefois, Umalia l’a réussie avec nombre d’industries, auprès de petites, moyennes et grandes entreprises et dans de nombreux pays différents. Il est également important de mentionner que cela peut être réalisé avec des entreprises de plus petite taille (Radio-Canada en a communiqué récemment des exemples sur les partenariats d’Umalia).
  • Avez-vous observé des entreprises chez lesquelles la valeur partagée est ancrée dans le processus de planification au point de faire partie de leur ADN et de leur culture?
    • Cela n’arrive pas du jour au lendemain de devenir une entreprise à valeur partagée; cela peut prendre bien des années. Certaines entreprises ont commencé à embarquer dans le processus, certaines parties ou marques de leurs activités ont commencé dans cette direction; toutefois, il est possible que de nombreuses autres marques n’en n’aient même pas entendu parler, et c’est tout à fait normal, la transformation d’une entreprise exige du temps.

Éléments importants à retenir :

  • Vocation et profit peuvent et doivent aller de pair, c’est sensé et c’est la bonne chose à faire.
  • La création de partenariats à valeur partagée rehausse la compétitivité de l’entreprise et sa différentiation
  • Le concept de valeur partagée est tout à fait possible dans l’industrie pharmaceutique; il faut mettre de l’avant la bonne approche et la bonne méthodologie.

 

Jo-Ann Charland
Training Consultant and Medical Writer
Email: JoAnn.Charland1@gmail.com
Cell: 438-998-0498
Pharma411

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