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Le 17 novembre 2009
Est-ce vraiment mieux au Canada?

Est-ce mieux d’avoir un peu de soins de santé ou pas du tout? Qu’est-ce que le tsunami d’argent? À quel moment ne voit-on pas de trou de beigne dans un Tim Horton? Ce sont des exemples des questions abordées par Frank Micciche et Janet Lambert au petit-déjeuner conférence de novembre du CMPQ. Ils nous ont expliqué la réforme de la santé aux États-Unis et ses répercussions potentielles pour le Canada.

Frank Micciche, qui est conseiller sur les politiques gouvernementales au cabinet d’avocats McKenna, Long & Aldridge de Washington, a ouvert la voie en remontant à 1935 alors que l’idée du programme national d’assurance maladie était à un stade embryonnaire aux États-Unis. La Loi sur la sécurité sociale a été votée cette année-là. Cependant, le programme ne s’est jamais concrétisé car il a été supplanté par une plus grande priorité : la Deuxième guerre mondiale. Le sujet a refait surface pendant les années 1940 lorsqu’une pénurie de personnel a incité les employeurs à offrir des prestations de maladie pour attirer les travailleurs. Cette pratique s’est poursuivie pendant les années 1950 et 1960 et le premier semblant de programme national d’assurance maladie a été adopté avec Medicare (couverture pour les personnes âgées) et Medicaid (couverture pour les personnes à faible revenu). C’est sous l’administration Nixon et avec Ted Kennedy pour défenseur que le débat sur un programme national d’assurance universelle s’est le plus rapproché d’une réforme et d’une entente potentielle, jusqu’à ce que le Watergate fasse tout dérailler.

Il est ensuite passé rapidement au début des années 1990, lorsque la question du programme national d’assurance maladie a été déposée sous l’administration Clinton. En 1993, trente-quatre groupes de travail comptant 600 membres avaient été formés. Les critiques ont estimé que le processus, qui s’est déroulé à l’abri des medias, n’était pas transparent ce qui a ajouté à la perception d’échec.

L’élément principal, l’HillaryCare, comme on l’a surnommé, était un mandat qui obligeait les employeurs à fournir une assurance maladie à tous leurs employés par l’intermédiaire des organisations de soins de santé intégrés (OSGI), qui sont concurrentielles quoique fortement réglementées. Entre 1994 et 1999, le programme des OSGI a semblé contenir les coûts, ce qui a conduit à l’impression que le fauve des soins de santé avait été dompté et peut-être que la nécessité d’un programme national d’assurance santé n’était plus une priorité. Pendant cette période, le Medicaid a été élargi pour inclure les adultes actifs et le programme State Children Health Insurance Program (S-CHIP) a été lancé pour donné un accès direct à des soins de qualité aux enfants qui sont à un certain niveau de pauvreté. Le problème était réglé.

Pas si vite. Les coûts de santé ont continué à représenter entre 50 et 60 % du budget national, avec deux-tiers payés par le gouvernement fédéral et un tiers remboursé par le programme Medicaid. Certains états ont finalement décidé de prendre en charge le remboursement universel en créant leurs propres programmes. Le Massachusetts est le premier état qui a créé un mandat individuel complet par lequel tous les habitants sont obligés de s’assurer, et qui l’a financé par un mélange de dollars Medicaid et de subsides gouvernementales.

Il a sauté environ dix ans pour arriver à 2009. Barrack Obama a fait campagne sur la plateforme de la réforme des soins de santé sans avoir de plan précis mais à partir d’une proposition fondée sur des principes et des échéanciers larges. Peut-être tirait-il une leçon du HillaryCare. Cette fois-ci, les chefs de file du congrès ont mené le processus, dont l’un des plus grands défenseurs a été, une fois encore, feu Ted Kennedy.

En vertu de la proposition actuelle, le groupe PhRMA (Pharmaceutical Researchers and Manufacturers of America) a signé une entente avec la Maison Blanche dans laquelle ils promettent de soutenir le « trou de beigne » — le coût différentiel des dépenses en médicaments partiellement remboursées par le gouvernement. Ainsi, le gouvernement rembourserait la première tranche de 2 500 $, le PhRMA rembourserait la tranche suivante de 2 000 $ et l’état serait de nouveau responsable de toute dépense supérieure à 4 500 $. Le PhRMA a accepté d’appuyer cette entente s’il leur est possible de limiter leur charge financière à 80 millions $.

Ouah! Ça nous incite à y penser à deux fois avant de nous plaindre de notre système de santé. Alors que les Américains discutaient de la question pendant les années 1930 et 1940, le Canada a lancé le programme de soins de santé universels en 1946 en Saskatchewan, ce qui a pavé le chemin pour que les dix autres provinces bénéficient d’un programme similaire d’ici 1957. La Loi sur les soins médicaux a été adoptée en 1966, ce qui a donné lieu au régime d’assurance-maladie que nous connaissons. Enfin, la Loi canadienne sur la santé a été adoptée en 1984 pour empêcher l’imposition de frais modérateurs et d’une surfacturation par les médecins.

« Cela pourrait expliquer la raison pour laquelle les Canadiens croient que les soins de santé sont un droit et non un privilège », a déclaré Janet Lambert, notre deuxième conférencière. Janet, qui est originaire de Montréal, a travaillé pendant 15 ans dans les domaines du marketing et des politiques gouvernementales dans le milieu pharmaceutique canadien. Elle a ensuite déménagé à Washington et est à présent particulièrement bien placée pour offrir un point de vue sur les soins de santé des deux côtés de la frontière. À son arrivée aux États-Unis, Janet a comparé les gouvernements. Les Canadiens ont 308 députés pour une population de trente-sept millions, soit un député pour 109 000 citoyens. Les Américains comptent 435 représentants, soit un pour 470 000 citoyens. Ce que cela signifie? Les députés canadiens pourraient réalistement entrer en contact avec chacun de leurs électeurs. Qu’est-ce qui en résulte ? Eh bien! Il est probable que les Canadiens réussissent mieux à se faire entendre. Quant aux 133 millions d’Américains qui vivent avec une personne handicapée ou atteinte d’une maladie chronique ou qui s’en occupent, ils n’ont pas ce genre d’influence.

Quel que soit le côté de la frontière dans lequel nous vivons, la réforme de la santé reste les affaires en suspens de la société. En fait, vous pourriez arguer que les affaires sont encore au stade d’une entreprise en démarrage. La population vieillissante, surnommée le tsunami d’argent, et les avancées des médias sociaux sont simplement deux des catalyseurs qui vont amplifier le débat et la nécessité d’évoluer. D’ici 2012, le nombre de personnes de plus de 65 ans sera plus élevé que le reste de la population. Le cancer, la coronaropathie, le diabète et la démence seront en tête de liste des maladies prévalentes. La santé et le bien-être, la sécurité et la connectivité sociale deviendront les pierres angulaires des débats d’orientation de politique.

Ainsi, alors que les Américains dépensent 2,3 trillions $ en soins de santé — le double de notre PIB (l’équivalent de 16 % de leur produit intérieur brut (PIB) et deux fois le pourcentage du Canada) — les Canadiens ne peuvent pas adopter comme position que nous savons mieux ce qu’il faut faire ou qu’il est bon de surréglementer. Nous devrions plutôt canaliser notre leadership en matière de santé en orientant l’avenir de la médecine personnalisée et en ayant un impact sur les politiques en matière de santé. Au titre de joueur numéro deux dans le secteur des biotechnologies, les Canadiens, et plus particulièrement l’industrie pharmaceutique, peuvent montrer la voie du changement en optimisant les apprentissages du modèle d’affaires nord-américain et le point de vue multinational.

Qu’est-ce que tout cela signifie pour nous, de l’industrie pharmaceutique ? Eh bien ! Nous devons en premier lieu commencer par écouter ce qui se passe dans le monde à l’extérieur de nos bureaux, en dehors de nos projets quotidiens. Ce n’est qu’en comprenant l’environnement et ses tendances futures que les stratégies de marketing créatif, de vente et d’accès aux marchés peuvent puiser dans les innombrables possibilités qui vont se présenter. Tandis que le débat se poursuit, nous sommes maintenant mieux informés pour y participer.

par ENZA CIGNARELLA
enza.cignarella@mail.mcgill.ca

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