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Le 8 octobre 2013

Innovation de première ligne : la santé des patients et l’avenir des prestations de soins de santé.

John Oster, qui était l’animateur de la soirée, a lancé l’activité par un sondage en posant la question suivante à l’auditoire : « Quelle somme d’efforts mon entreprise investit-elle dans la responsabilisation des patients à gérer leur propre santé? ». La moitié des répondants ont répondu <10 % et 36 % entre 10 et 30 %. Il a ensuite présenté le conférencier principal, M. Joseph Cafazzo. Il occupe les fonctions de directeur principal du Centre for Global eHealth Innovation, une installation de recherche à la fine pointe de la technologie qui se consacre à l’évaluation et au design de technologies des soins de santé. Il est également directeur principal de UHN Healthcare Human Factors et professeur adjoint, Politique de santé, gestion et évaluation et à l’institut d’ingénierie biomédicale et de biomatériaux à l’Université de Toronto. En 2010, il était le récipiendaire d’une bourse de carrière en recherche décernée par le Ministère de la santé et des soins de longue durée de l’Ontario.

Joe a tout d’abord dit à l’auditoire qu’à titre d’ingénieur biomédical, il a vu beaucoup de très mauvaises technologies, et qu’il s’est donné pour mandat d’essayer de les éliminer et d’arranger la situation. Il a confessé qu’il a vu beaucoup de technologies mal conçues dans le secteur de la santé et que, selon lui, la notion de « design empathique » s’est perdue.

L’une de ses principales préoccupations est de donner aux patients un accès personnel à leurs dossiers de santé. Il défend le principe selon lequel les patients devraient avoir des dossiers de santé électroniques, car il estime qu’en donnant aux patients l’accès à leurs données sur leur santé, cela les aidera à mieux gérer leur santé. Il croit beaucoup au « design empathique », ce qui signifie que l’on doit toujours tenir compte de l’aspect de la convivialité de la technologie pour créer des systèmes qui correspondent bien aux personnes qui les utilisent. Il a cité Chernobyl, Three Mile Island et l’élection de 2000 aux États-Unis pour donner des exemples de situations dans lesquelles la technologie n’a pas réussi à servir les personnes comme elle aurait dû. En guise d’exemple de pertinence directe avec l’industrie pharmaceutique, Joe a fait remarquer le design des flacons de comprimés dans les pharmacies. Il a remarqué qu’il n’y a pas de design standard et que le message qui ressort le plus sur les flacons est le nom de marque de la pharmacie, ce qui est peu utile aux patients. Pour y remédier, un étudiant au cycle supérieur a travaillé sur le design du flacon de comprimés et a redessiné le dessus du flacon pour y afficher le nom du médicament. Le concept incorporait également un mode d’emploi simple et des mises en gardes claires sur le médicament ainsi qu’un système de codification par couleur. Le design de l’étudiant a été reconnu par le Museum of Modern Art de New York pour son innovation.

Joe a précisé, « Nous ne faisons pas tout cela pour créer des technologies que personne ne va utiliser ». Le but de la technologie est de créer des objets que les gens vont utiliser et qui vont augmenter la capacité des patients à gérer leur propre santé. Par exemple, il a parlé de l’idée proposée par un néphrologue à l’Hôpital général de Toronto, qui a mis de l’avant l’idée audacieuse des dialyses à domicile pour les patients. Cette idée permettrait aux patients d’avoir des dialyses plus souvent, y compris la nuit, ce qui leur permettrait d’améliorer leur fonctionnement et peut-être même de retourner au travail ou à l’école. Quand l’idée a été proposée à l’origine, elle a été accueillie avec une certaine incrédulité en raison de la complexité des appareils de dialyse. Toutefois, l’idée a fait son chemin et les patientes qui ont appris à se servir de ces appareils ont été en mesure d’effectuer leurs propres dialyses et de mener des grossesses à terme, ce qui aurait été impossible auparavant. Cette expérience a révélé de nombreuses améliorations pour la santé et s’est avérée plus efficiente que le traitement à l’hôpital.

Joe a mentionné que l’une des complexités inutiles de l’appareil à dialyse était le potentiomètre, un cadran sur l’appareil. Ce cadran rend l’appareil plus compliqué à utiliser que nécessaire et est un autre exemple du manque d’empathie des designs des ingénieurs. En adaptant la technologie sur cet appareil, il serait possible d’améliorer les résultats et la qualité de vie des patients; or, en raison de la complexité de cette technologie, il empêche de nombreux patients de s’auto-administrer leurs soins.

Joe a donné un exemple de son travail de création de technologies qui ont un « design empathique » pour les enfants atteints de diabète de type 1. Ce groupe de patients est difficile à prendre en charge car ils ont tendance à une faible observance de leur traitement. Pour répondre aux besoins de ce groupe de patients, Joe et son groupe ont mis au point l’application BANT, qui permet des mesures rapides et discrètes de glycémie. BANT tire son nom de Frederick Banting, le Canadien qui a découvert l’insuline. Son groupe a aussi créé un adaptateur pour faciliter les mesures de glycémie des glucomètres en les transmettant aux téléphones intelligents en passant par Bluetooth. Leur application permet aussi aux utilisateurs de faire le suivi de leurs données au fil du temps et de communiquer avec la « communauté » BANT, qui fonctionne comme un média social. Ce système comporte également un système de récompenses, qui donne des points pour chaque lecture de glycémie, et ces points peuvent être échangés contre diverses récompenses. La rétroaction du programme a révélé que les enfants font leurs tests 50 % plus souvent quand ils utilisent l’application et que les enfants se sentent plus motivés. Avec BANT, Joe et son groupe espèrent inciter les entreprises à se développer sur le plan technologique. Il a toutefois constaté qu’il reste encore à l’industrie à mettre au point un glucomètre compatible avec Bluetooth, malgré le fait que des données probantes publiées révèlent que cette technologie se traduit par une amélioration de l’auto-surveillance de la glycémie.

Joe et son équipe ont mis au point une autre application pour la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC. Il s’agit de « 30 jours » et elle est conçue pour créer une sensibilisation aux risques de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral. Ils ont également créé une application pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque pour les aider à s’auto-surveiller. Toutes ces technologies ont pour but d’améliorer la conscience de soi des patients et leurs soins auto-administrés. La conscience de soi mène à une amélioration des résultats de santé et de l’observance du traitement médicamenteux, ce qui se traduit à son tour par une moins grande dépendance des soins du médecin et moins de dépenses pour le système de santé.

Après la conférence de Joe, John a fait un nouveau sondage et a posé la même question qu’au début de la soirée, soit « Selon moi, quelle somme d’efforts mon entreprise devrait-elle investir dans la responsabilisation des patients à gérer leur propre santé? », pour juger de l’impact de la conférence de Joe sur l’auditoire. Les réponses ont montré que Joe est parvenu à changer leur opinion pendant la soirée, puisque 45 % ont répondu entre 30 et 60 % et 32 % ont dit > 60 %.

Lara Holmes
Medical Writer
Courriel: lholmes@videotron.ca
Cell: 514-425-4977
Pharma411

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