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18 septembre 2012
Le pharma : mal aimé ou mal compris?

La première réunion de l’année 2012-2013 a eu pour conférencier invité M. André Picard, journaliste spécialisé en santé et commentateur au The Globe and Mail, auteur de trois livres et finaliste à six reprises au Concours canadien de journalisme. La soirée a commencé par un sondage auprès de l’auditoire pour connaître l’opinion des participants quant à la couverture juste ou pas de l’industrie pharmaceutique. D’après les résultats du sondage, André a indiqué que 79 % des répondants trouvaient que le mot média était un gros mot ! Il s’est fixé pour objectif de changer cette statistique pendant sa présentation.

André a commencé en demandant, « Pourquoi les gens aiment-ils détester les sociétés pharmaceutiques tout en aimant leurs produits? » La réponse, selon lui, tient à ce que l’industrie peut se comparer au proverbe irlandais : « quand je fais bien les choses, personne ne s’en souvient et quand je me trompe, personne n’oublie ». C’est dans la nature humaine que de parler du négatif et la couverture médiatique de l’industrie pharmaceutique n’y fait pas exception. Les crises importantes sur les médicaments au sein de l’industrie reçoivent une grande attention des médias, mais les histoires positives ne reçoivent pas la même couverture.

Il y a un autre facteur qui alimente la perception négative de l’industrie pharmaceutique, c’est la perception générale dans les milieux politiques selon laquelle le Canada a un “problème de médicaments”. Au cours des trois dernières décennies, nous avons observé une augmentation persistante de la consommation de médicaments sur ordonnance. Les coûts des médicaments sur ordonnance sont de 27 milliards de dollars chaque année, et ces coûts ont été multipliés par dix depuis 1986. Les responsables des politiques voient ces dépenses comme une crise politique, parce que les coûts continuent d’augmenter et qu’il ne semble pas y avoir de fin en vue. Il y a toutefois un côté positif, c’est que les coûts des médicaments ont conduit à des découvertes scientifiques étonnantes. Pendant la même période, le développement de médicaments nous a permis de traiter davantage de personnes avec de meilleurs médicaments, ce qui diminuait par le fait-même les dépenses d’hospitalisations et les taux de mortalité. C’est un bon investissement que de dépenser de l’argent en investissant dans les médicaments et leur développement, mais les responsables des politiques ne le voient pas toujours sous cet éclairage.

Les coûts des médicaments augmentent en raison du nombre de plus en plus grand de personnes qui en prennent pour des maladies chroniques. En fait, les Canadiens sont les deuxièmes plus gros consommateurs de médicaments après les États-Unis. Cependant, le principal enjeu pour l’avenir est l’efficacité et l’efficience de notre utilisation de médicaments. Un grand nombre de personnes prennent des médicaments qui n’agissent pas bien dans leur cas ou qui ne sont pas nécessaires. La surutilisation de médicaments par les personnes âgées est particulièrement préoccupante pour les responsables des politiques, car ces patients sont remboursés par les régimes publics d’assurance médicaments. L’un des moyens par lesquels l’industrie pharmaceutique peut aider à résoudre cet enjeu est en aidant les patients, et plus particulièrement les personnes âgées, à comprendre leurs médicaments et à s’y retrouver. Nous devons avoir une communication de base avec les patients, afin de les aider à s’aider eux-mêmes.

André a souligné que l’industrie pharmaceutique fait un bon travail en essayant d’informer les patients. L’industrie a élaboré et lancé de nombreuses initiatives éducatives de qualité, et il pense que l’industrie pharmaceutique n’obtient pas toujours la reconnaissance qu’elle mérite à cet égard. L’une des raisons en est que le public a souvent la perception que ces initiatives sont créées pour permettre à l’industrie de vendre davantage de médicaments. Il est nécessaire de renseigner le public sur les objectifs qui sous-tendent ces initiatives, afin qu’il puisse en voir les bienfaits.

Le cynisme au sujet de l’industrie pharmaceutique découle également des communications qui mettent trop l’accent sur les bienfaits et qui sous-estiment les risques. André a incité l’auditoire à énoncer les faits à propos de leurs médicaments de façon réaliste et explicite, plus particulièrement lorsqu’ils communiquent avec les patients au sujet des médicaments. Les patients ont besoin d’un endroit où ils peuvent obtenir des renseignements crédibles et fiables sur leurs médicaments, expliqués de façon compréhensible. André a également souligné qu’il est important de communiquer les effets secondaires aux patients. Les patients ont besoin de comprendre que le fait qu’un médicament ait des effets secondaires ne signifie pas qu’il s’agit d’un mauvais médicament. Les effets secondaires font simplement partie de la réaction physiologique aux médicaments et il faut que les patients s’en rendent compte.

André a également abordé le concept d’un programme national d’assurance-médicaments. Il a précisé que toutes les enquêtes publiques sur les soins de santé menées au fil des années portaient sur la nécessité que le Canada se dote d’un programme d’assurance-médicaments. Grâce à un programme de ce genre, tous les Canadiens recevraient un remboursement pour les dépenses essentielles, ce qui n’est pas le cas actuellement. Environ 42 % des Canadiens seulement ont un programme privé d’assurance-médicaments, et 6 millions de Canadiens ont une couverture insuffisante ou nulle. André a mentionné que l’industrie pharmaceutique ne parle pas beaucoup de l’élaboration d’un tel programme, ce qu’il a trouvé surprenant, étant donné sa conviction que cela serait bénéfique à l’industrie et aux patients.

À l'argument selon lequel 60 % de la prise de décision quant aux choix de produits sera faite par les payeurs, les membres du groupe de discussion ont répliqué qu'il est nécessaire de se concentrer davantage sur la conception d'essais cliniques susceptibles de procurer le type de données nécessaires pour obtenir le remboursement des produits par les payeurs. L'accès aux marchés est essentiel et il est nécessaire de se concentrer sur la récolte des expertises au sein des entreprises qui emploient les personnes qui ont le plus de connaissances et d'expérience dans ce domaine. Les membres du groupe de discussion ont également mis l'accent sur le fait que les patients vont devenir plus importants en tant que décideurs puisque les coûts leur sont répercutés.

Le conseil qu’André a donné à l’auditoire au sujet des relations avec les médias incluait quelques éléments. Il a tout d’abord mis en garde les membres de ne pas s’attendre à ce que les médias claironnent leurs produits ou fassent l’éducation des patients à leur place. Le travail des médias est la diffusion de l’information, ce qui est très différent. Il a effectivement concédé que les enjeux de santé obtiennent une grande couverture médiatique – mais que les médias font également des articles sur les traitements bénéfiques dans ces domaines. Dans de tels cas, il y a des possibilités que ces traitements soient dépeints sous un jour favorable dans les médias. Il a pourtant mis en garde quant au fait qu’il est peu vraisemblable qu’un article ne mentionne qu’un seul traitement s’il y en a plus d’un qui est efficace dans ce domaine. Il a félicité les services de relations publiques des sociétés pharmaceutiques, alors qu’il reconnaissait que c’est un secteur dans lequel il est plus difficile de travailler que dans d’autres industries en raison des soupçons, du manque de confiance et des attentes irréalistes. Il a félicité l’industrie d’avoir reconnu le besoin de communications et il a déclaré que l’industrie pharmaceutique communique mieux que d’autres entités dans le secteur des soins de santé.

Dans sa conclusion, il a incité les membres de l’auditoire à travailler en partenariat avec des groupes comme la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC et avec des groupes de patients pour faire passer des messages positifs dans les médias. André a également dit que les médias et le public aiment les histoires à intérêt humain, lesquelles peuvent avoir de l’impact par la simple mention d’un traitement en passant.

À la fin de la soirée, l’auditoire s’est vu demander de remplir la même question du sondage au sujet de la couverture médiatique et il en est ressorti qu’André a réussi à convaincre la plupart des participants que le mot pharma n’est pas un gros mot!

 

Lara Holmes
Medical Writer
Courriel: lholmes@videotron.ca
Cell: 514-425-4977
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